Hayat DHC investit plus de 100 millions USD dans le papier
Le groupe turc Hayat DHC va construire une usine de produits papetiers à Relizane pour 13,4 milliards de dinars (soit l’équivalent d’un peu plus de 103 millions de dollars), avec 960 emplois à la clé. L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) lui a remis mardi son attestation d’enregistrement, ouvrant officiellement la voie à la construction de l’unité de fabrication.
C’est lors d’une audience accordée par Omar Rekkache, directeur général de l’AAPI, à une délégation du conglomérat turc, que le coup d’envoi symbolique a été donné. Selon un communiqué de l’Agence publié le même jour, la remise de l’attestation d’enregistrement marque « l’entrée effective du projet en phase de réalisation », les autres documents administratifs devant être délivrés le jour même au niveau du guichet unique décentralisé de Relizane. Sur le plan financier, l’enveloppe de 13,4 milliards de dinars — soit l’équivalent d’environ 103 millions de dollars au cours actuel — place ce projet parmi les investissements industriels étrangers les plus significatifs de l’exercice en cours. La dimension de l’emploi n’est pas en reste : les 960 postes directs annoncés représentent un apport non négligeable pour une wilaya dont le tissu industriel reste en développement. L’ambition industrielle du projet est elle aussi notable. La future unité vise une production annuelle de 70 000 tonnes de bobines de papier grand format, de 24 275 tonnes de mouchoirs en papier et de 20 000 tonnes de produits d’hygiène. Des volumes qui, selon l’AAPI, « contribueront au renforcement de la production nationale de matière première pour l’industrie papetière et à la réduction des importations » — objectif stratégique dans un pays qui consacre encore des milliards de devises à l’achat de produits papetiers sur les marchés étrangers. Omar Rekkache a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’aller plus loin que la simple production finale. Lors de l’audience, il a « souligné l’importance d’œuvrer progressivement à la production locale des intrants afin de relever le taux d’intégration des produits finis », réaffirmant dans le même temps « la disposition de l’Agence à accompagner le groupe dans la concrétisation d’unités industrielles supplémentaires ou à soutenir la localisation de projets de sous-traitance, en vue de la création d’un réseau national de sous-traitance », toujours selon le communiqué de l’AAPI.
Cette logique de chaîne de valeur domestique est au cœur des orientations actuelles de la politique industrielle algérienne, qui cherche à dépasser le stade de l’assemblage ou de la transformation finale pour ancrer des industries à fort contenu local. La papeterie, secteur à haute intensité capitalistique mais également grand consommateur de matières premières importées, constitue précisément l’un des maillons jugés stratégiques dans ce processus.
Hayat DHC n’est pas un inconnu en Algérie. Le groupe, qui compte 67 entreprises réparties dans 17 pays, est déjà présent sur le marché algérien dans les détergents et les produits d’hygiène personnelle. Cette nouvelle implantation s’inscrit donc dans un approfondissement de son ancrage local, que M. Rekkache a explicitement encouragé, exhortant le conglomérat à « élargir et diversifier ses investissements en Algérie », selon le même communiqué.
Ce projet illustre plus largement la dynamique en cours entre Alger et Ankara. La Turquie figure parmi les premiers partenaires commerciaux de l’Algérie et ses groupes industriels, attirés par un marché de 45 millions de consommateurs et par les incitations de la loi sur l’investissement de 2022, multiplient leurs engagements dans des secteurs allant de la sidérurgie avec Tosyali au textile avec Tayal en passant, désormais, par la filière papier-hygiène.
Sabrina Aziouez

