Le Premier ministre installe le groupe de travail chargé de créer le Réseau national d’accréditation
Un dispositif de contrôle-qualité renforcé
Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a installé, mardi à Alger, le groupe de travail chargé de la création du Réseau national d’accréditation, de certification et d’homologation, selon un communiqué des services du Premier ministre. Cette initiative marque une étape décisive dans la refonte du dispositif national de contrôle de la qualité des biens et services produits ou commercialisés en Algérie. Selon le communiqué, « l’installation de ce groupe de travail, composé d’experts nationaux hautement compétents dans ce domaine, s’inscrit dans le cadre de la concrétisation de la vision stratégique de Monsieur le président de la République, visant à moderniser le système de contrôle de la conformité des biens et services et à valoriser les capacités nationales en matière d’analyse et de contrôle de la qualité, afin de garantir la protection de l’économie nationale, de soutenir la sous-traitance et la production locale, et d’assurer l’intégrité et la santé des consommateurs ».
Cette installation ne part pas de zéro. Elle intervient, en effet, après la réalisation d’un premier inventaire exhaustif des capacités nationales disponibles en matière d’analyse et de contrôle de la conformité. Cet état des lieux a couvert différents secteurs économiques et de services ainsi que les centres de recherche scientifique du pays. L’opération a permis, selon la même source, « d’identifier et de documenter les capacités techniques et humaines disponibles, mettant en évidence un vaste réseau de laboratoires nationaux, qui seront mis à contribution à l’avenir pour renforcer la souveraineté technique et soutenir la compétitivité de l’économie nationale ». Les enjeux de cette démarche sont considérables à plus d’un titre. Sur le plan économique d’abord, la mise en place d’un réseau national d’accréditation et de certification structuré répond à un besoin pressant de doter l’Algérie d’un système de contrôle qualité crédible, capable de garantir la conformité des produits locaux aux normes internationales. Un tel dispositif est indispensable pour accompagner l’ambition du pays de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures en favorisant l’essor d’une industrie nationale compétitive. En certifiant la qualité des produits algériens selon des standards reconnus, ce réseau pourrait ouvrir la voie à un meilleur positionnement des exportations hors hydrocarbures sur les marchés extérieurs.
Sur le plan de la souveraineté technique ensuite, la démarche vise à réduire la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des organismes étrangers d’accréditation et de certification en mobilisant les compétences et les infrastructures de laboratoires déjà existants sur le territoire national. Le soutien à la sous-traitance et à la production locale constitue également un axe majeur, dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent à encourager l’intégration industrielle nationale. Enfin, la protection du consommateur algérien demeure au cœur du projet. Face à la multiplication des produits importés ou fabriqués localement dont la conformité n’est pas toujours vérifiée, la création de ce réseau devrait permettre d’instaurer un contrôle plus rigoureux et systématique, garantissant la sécurité et la santé des citoyens.
Samir Benisid

