Palestine occupée : Les forces d’occupation et les colons doivent répondre de leurs crimes devant la justice internationale
La Palestine a haussé le ton. Au lendemain de l’adoption par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies d’une résolution sur la situation des droits humains dans les territoires occupés, le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés a exigé, ce samedi, que la communauté internationale prenne des mesures concrètes et contraignantes pour garantir la responsabilité juridique des forces d’occupation sionistes et de leurs colons. Un appel solennel qui intervient dans un contexte marqué par l’impunité persistante et l’absence criante de mécanismes de sanction effectifs. Dans un communiqué relayé par l’agence de presse palestinienne Wafa, le ministère a salué l’adoption de la résolution onusienne, tout en soulignant que son contenu doit impérativement se traduire en actes. La diplomatie palestinienne a plaidé pour que les conclusions du texte s’appliquent à l’ensemble de ceux qui incitent à commettre des crimes contre le peuple palestinien et contre sa terre, appelant au renforcement des mécanismes internationaux compétents. Elle a également réclamé que les victimes puissent accéder à des voies de recours effectives, condition sine qua non, selon elle, pour mettre fin aux violations continues et ouvrir la voie à une justice réelle. La résolution a été adoptée avec le soutien de 24 États, 19 s’étant abstenus et quatre ayant voté contre. Le ministère a exprimé sa reconnaissance envers les pays qui ont voté favorablement, estimant que leurs positions reflètent un attachement sincère aux principes de la justice internationale, à la protection des droits humains et à la primauté du droit. Ces votes, a-t-il souligné, constituent une étape importante vers le renforcement de la responsabilité et la lutte contre l’impunité. À l’inverse, la Palestine a exprimé son indignation face aux positions des États qui n’ont pas soutenu le texte, jugeant que de telles attitudes ne font qu’encourager l’entité sioniste et ses criminels de guerre à poursuivre leur politique d’agression.
Le ministère a insisté sur le fait que la résolution revêt une importance particulière au regard de la poursuite des violations graves et systématiques du droit international commises par l’occupation sioniste, qu’il s’agisse du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme, ou encore de l’escalade des agressions et du terrorisme des colons. Dans ce cadre, la diplomatie palestinienne a rappelé les obligations des États membres, citant expressément l’avis consultatif de la Cour internationale de justice, qui établit clairement la responsabilité des États de ne pas reconnaître la situation illégale découlant de l’occupation, de ne pas lui apporter aide ou assistance, et de s’abstenir de fournir à la puissance occupante des armes ou des équipements susceptibles d’être utilisés pour perpétrer de nouveaux crimes contre le peuple palestinien.
Ces exigences de justice s’inscrivent dans un tableau général d’une noirceur absolue. À El-Qods occupée, les forces sionistes ont récemment intensifié leurs opérations d’expulsion forcée, déplaçant quinze familles de leurs foyers à Silwan, ce quartier palestinien perché sur une colline au sud de la Vieille Ville, tandis que des ordres de démolition ont été délivrés pour sept maisons à Qalandia, au nord de la ville sainte. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé avec force ces mesures, les inscrivant dans un plan délibéré de judaïsation d’El-Qods et de déplacement de sa population palestinienne, visant à modifier la composition démographique de la ville et à imposer un fait accompli illégal.
Et pendant que la diplomatie se bat dans les enceintes onusiennes, le sang coule à Ghaza. Selon un nouveau bilan communiqué ce samedi par les autorités sanitaires palestiniennes, l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait depuis le 7 octobre 2023 pas moins de 72 268 martyrs et 171 995 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des dernières quarante-huit heures, les corps d’un martyr et dix-neuf blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, les secouristes signalant que de nombreuses autres victimes restent encore ensevelies sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 692 Palestiniens sont tombés en martyrs, 1 895 ont été blessés et les corps de 756 martyrs ont pu être récupérés.
Lyes S.

