Culture

Projet de réhabilitation du vieux Ksar : Ouargla investit dans son patrimoine millénaire

C’est un signal fort envoyé à l’un des joyaux architecturaux du Sahara algérien. La wilaya d’Ouargla vient de se voir attribuer un ensemble de projets structurants en faveur de son secteur culturel, parmi lesquels figure en bonne place la finalisation de l’étude d’aménagement et de restauration du vieux ksar d’Ouargla — chantier emblématique qui cristallise les ambitions patrimoniales d’une région consciente de la valeur de son héritage. Au cœur de ce programme annoncé mercredi par des responsables du secteur de la Culture et des Arts de la wilaya, l’opération portant sur le ksar retient l’attention par son ambition et sa méthodologie. L’étude, enrichie de suggestions issues d’une consultation publique et conduite sous la supervision d’encadreurs spécialisés, dépasse le cadre strictement architectural. Elle vise, selon les responsables, à contribuer à « la dynamique économique et commerciale » tout en assurant « la préservation du cachet architectural traditionnel et du patrimoine matériel et immatériel de la région ». Une formulation qui dit bien la double vocation de ce projet : sauvegarder un tissu urbain séculaire tout en en faisant un levier de développement local, dans une ville où le tourisme saharien constitue un gisement encore largement sous-exploité. Mais Ouargla ne se résume pas à son ksar. La wilaya abrite sur son territoire l’un des sites archéologiques les plus significatifs du Sahara algérien : l’antique cité de Sedrata, dont les vestiges témoignent d’une civilisation ibadite florissante entre le IXe et le XIe siècle. Ce site, longtemps exposé aux dégradations et aux intrusions, bénéficiera lui aussi d’un projet de protection dédié, dont le cahier des charges a d’ores et déjà été remis à la commission des marchés publics. Les travaux prévus sont à la fois pratiques et symboliques : réalisation d’une clôture d’enceinte, installation de postes de garde, boisement des abords, création d’un forage et mise en place d’équipements à énergie solaire. Un dispositif complet qui vise à sécuriser le périmètre et à assurer une présence humaine permanente sur un site jusqu’ici livré aux aléas du temps et des hommes.

Le troisième volet de ce programme concerne la Maison de la culture Moufdi Zakaria, établissement phare de la vie culturelle ouarglie. Des opérations de restauration sont programmées, portant sur l’aménagement et la rénovation des salles et des installations, ainsi que sur l’embellissement général de l’édifice, « afin de lui conférer plus d’attractivité », précisent les responsables. Car si la Maison de la culture remplit sa mission de diffusion artistique, ses infrastructures vieillissantes peinent à répondre aux exigences d’un public de plus en plus exigeant et à des activités toujours plus diversifiées. Sa réhabilitation devrait lui permettre de retrouver le lustre qui sied à un équipement portant le nom du poète national.

Pris ensemble, ces projets dessinent une politique culturelle cohérente pour Ouargla, articulée autour de trois axes complémentaires : valoriser le patrimoine bâti urbain, protéger les sites archéologiques fragiles, moderniser les infrastructures de diffusion culturelle. Ils s’inscrivent, selon les termes des responsables du secteur, dans « les efforts déployés par les pouvoirs publics pour la promotion de l’action culturelle et artistique, la préservation du patrimoine et la consolidation du rayonnement culturel local ». La wilaya dispose par ailleurs d’autres structures comme la bibliothèque principale de lecture publique Mohamed Tidjani, dont le maillage territorial reste à compléter pour toucher l’ensemble des populations dispersées dans cette vaste région saharienne. Ouargla, carrefour historique entre le Nord et le Grand Sud algérien, entend manifestement reconquérir sa place sur la carte du patrimoine national.

M.S.

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