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Visite du Pape, Mali, Opep et élections : Les vérités de Tebboune

Lors de son entretien périodique avec des représentants de médias nationaux, diffusé samedi soir, le président de la République a abordé sans détour plusieurs dossiers sensibles : le legs historique validé par le souverain pontife, l’intégrité du processus électoral, la corruption, le Mali et la stabilité de l’OPEP.

C’est un Abdelmadjid Tebboune offensif qui s’est exprimé samedi soir sur les chaînes nationales de télévision et de radio. Dans l’entretien périodique qu’il accorde aux représentants de médias nationaux, le chef de l’État a balayé une série de sujets avec une franchise assumée, de la visite du pape Léon XIV aux turbulences au sein de l’OPEP, en passant par la place de la femme en politique et la corruption systémique.

C’est la déclaration du souverain pontife qui a fourni à Tebboune l’occasion de régler un vieux contentieux mémoriel avec la France. Le président de la République a affirmé que «la sainteté du pape a mis fin au mythe de l’ancien colonisateur selon lequel c’est lui qui a créé l’Algérie». Il a souligné le pape «a dit publiquement que l’Algérie est enracinée dans l’histoire jusqu’à saint Augustin et avant lui». Une déclaration pontificale que Tebboune souligne comme une validation internationale définitive de l’ancienneté de la nation algérienne, contre la thèse coloniale qui faisait de la France le géniteur autoproclamé d’un territoire sans identité préexistante. Le président de la République ba précisé que le pape ne lui avait transmis aucun message particulier «parce qu’il est parfaitement et précisément informé de ce qui se passe en Algérie».

Sur le terrain de la politique intérieure, Tebboune a réaffirmé deux positions de principe. Concernant la participation féminine, il a plaidé pour que la femme «investisse le champ politique, non pas parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle est porteuse d’idées» — une nuance qui situe l’enjeu sur le terrain de la compétence plutôt que de la parité formelle. Sur l’administration, le message est sans ambiguïté : «Il est strictement interdit à l’administration de s’immiscer dans le processus électoral.»

Le Président Tebboune a également mis en cause les pratiques frauduleuses qui persistent dans la commande publique, avec une formule mordante : «Nous nous sommes débarrassés de la issaba qui s’adonnait à la surfacturation pour nous retrouver face à une autre issaba qui se livre à la sous-facturation.», faisant ainsi référence à la lutte permanente contre les formes de fraudes et de corruption, notamment dans le commerce extérieur à commencer par la surfacturation dans les importation à la sous-facturation à l’export. Il est utile de rappeler dans ce contexte que le président Tebboune a dirigé il y a quelques jours une réunion pour se pencher sur le problème et au cours de laquelle il a ordonné l’instauration d’une carte de l’importateur et de l’exportateur.

Sur le Mali, qui fait face depuis la semaine dernière à une vaste attaque inédite coordonnée entre le JNIM et les groupes du front de l’Azawad, Tebboune a choisi les mots de l’affect : «Je parle avec le cœur, parce qu’on aime le Mali.» Une phrase brève qui dit beaucoup sur la volonté algérienne de ne pas fermer la porte à un pays voisin avec lequel les liens humains et géographiques demeurent profonds, quelles que soient les divergences conjoncturelles.

Enfin, sur le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP et de l’OPEP+, le chef de l’État a choisi la sobriété : c’est un «Non-événement», a-t-il tranché, avant de rappeler que le véritable pilier de l’organisation reste «le Royaume d’Arabie Saoudite, pays frère». «Cela dit, le discours est clos», a-t-il conclu, signifiant que le sujet ne méritait pas davantage de commentaire.

Samir Benisid

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