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Le Parlement vote une motion de censure contre le gouvernement : Quelle sortie de crise en Libye ?

La situation semble se compliquer en Libye qui connaît de nouvelles dissensions politiques provoquées par le parlement de Tobrouk. Quelques jours après la ratification d’une loi électorale controversée, voilà que le parlement libyen décide de voter une motion de censure contre le gouvernement d’union nationale issue du Forum de dialogue interlibyen, menaçant encore plus le processus de transition qui doit aboutir à des élections le 24 décembre prochain.

En effet, le Parlement libyen a voté hier une motion de censure contre le gouvernement de transition du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, à trois mois d’un double scrutin crucial censé sortir le pays d’une décennie de chaos.  Cette motion a été votée par 89 députés sur les 113 présents, a précisé le porte-parole du Parlement basé à Tobrouk (Est), moins de deux semaines après la ratification d’une loi électorale controversée ayant provoqué une montée des tensions entre les camps rivaux dans le pays.

Le vote a eu lieu lors d’une séance à huis clos en présence du président du Parlement Aguila Saleh, un un allié du maréchal Khalifa Haftar. Le Haut Conseil d’Etat libyen (HCE), instance faisant office de Sénat basée à Tripoli (Ouest), a rapidement réagi déclarant son « rejet de la procédure », considérant cette démarche comme « nulle » et « en violation de la Déclaration constitutionnelle et de l’accord politique » de 2015. Pour sa part, le gouvernement libyen n’a pas commenté l’annonce de la Chambre des représentants jusqu’à la mi-journée.

Le vote de la motion de censure intervient quelques jours après la ratification d’une loi électorale controversée qui a exacerbé les tensions entre les parties en conflit. La ratification le 9 septembre d’une loi électorale – présumée taillée sur mesure Khalifa Haftar – a provoqué une montée des tensions à trois mois du double scrutin crucial.Non soumis à un vote et signé par Aguila Saleh, le texte a été accueilli par un déluge de critiques de députés et d’autres instances écartées du processus législatif.Le Haut Conseil d’État libyena proposé pour sa part lundi un report d’au moins un an du scrutin présidentiel, faute de consensus sur la loi électorale.

Il est cependant clair que les élections, aux côtés du retrait des mercenaires et des forces étrangères de Libye sont la seule issue pour une sortie de crise en Libye. Un processus qui doit également être adossée à une démarche de réconciliation nationale.

La Libye tente de s’extraire d’une décennie de violences depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, un chaos marqué ces dernières années par l’existence de pouvoirs rivaux dans l’Est et l’Ouest.Après la fin des combats à l’été 2020, un gouvernement unifié et transitoire dirigé par Abdelhamid Dbeibah a été formé en mars, sous l’égide de l’ONU, pour mener la transition d’ici des élections législatives et présidentielles prévues le 24 décembre.

En décembre, l’ONU estimait à quelque 20 000 le nombre de mercenaires et combattants étrangers en Libye.

R.I.

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