Économie

Coopération énergétique : L’Algérie resserre ses liens avec l’Angola et le Tchad

En l’espace d’une seule journée, le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a tenu deux réunions distinctes avec des homologues africains, l’une par visioconférence avec Luanda, l’autre en face à face avec une délégation de N’Djamena reçue à Alger. Deux rendez-vous qui illustrent la constance avec laquelle l’Algérie travaille à faire de Sonatrach et de ses institutions satellites un levier de coopération continentale. Avec l’Angola d’abord. La réunion a réuni, côté algérien, le PDG de Sonatrach Nour Eddine Daoudi et le président de l’ALNAFT Samir Bekhti, et, côté angolais, le ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz Diamantino Pedro Azevedo, le PDG de Sonangol Sebastiao Pai Querido Martins et le président de l’ANPG Paulino Fernando de Carvalho Jeronimo. Les discussions ont porté sur l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière et gazière, de l’exploration au raffinage, en passant par la pétrochimie et la formation professionnelle via l’Institut algérien du pétrole et la Sonatrach Management Academy. Le communiqué du ministère précise que les deux parties sont convenues d’organiser «une visite de travail de cadres et d’experts du groupe Sonatrach en Angola, durant la prochaine période, dans le but d’approfondir les concertations techniques, d’explorer les opportunités de coopération disponibles et d’identifier des projets de partenariat concrets et mutuellement bénéfiques». Mohamed Arkab a replacé cette dynamique dans un cadre plus large. Pour lui, la visite officielle du président angolais João Lourenço à Alger en mai dernier, «couronnée par la signature de 11 accords de coopération», constitue «un fort élan pour renforcer le processus de coopération bilatérale». Il a également réaffirmé l’engagement de l’Algérie, conformément aux orientations du président Tebboune, à «contribuer efficacement à l’édification d’une économie continentale intégrée, basée sur le développement durable et l’accès à l’énergie pour tous, en cohérence avec les objectifs de l’Agenda Afrique 2063». Le ministre angolais a pour sa part salué «les relations fraternelles privilégiées» liant les deux pays, et fait part de la volonté de Luanda de «tirer profit de la large expérience algérienne» dans les secteurs de l’exploration, de la production et de la transition énergétique.

La deuxième réunion de la journée a mis en scène un registre différent, plus opérationnel. La délégation de l’Autorité de régulation du secteur pétrolier aval du Tchad (ARSAT), conduite par son directeur général Hassan Adoum Younousmi, était reçue au siège du ministère en présence du président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures algérienne (ARH), Amine Remini. Cette visite fait suite au protocole de coopération signé en avril dernier entre l’ARH et son homologue tchadienne, et s’inscrit dans un programme concret. Du 11 au 17 juin, des ateliers techniques conjoints et des visites de terrain dans des installations industrielles algériennes sont organisés pour permettre aux experts tchadiens de s’imprégner des pratiques algériennes en matière de raffinage, de stockage, de distribution et de régulation.

Arkab a rappelé à cette occasion «la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son accompagnement à la République du Tchad pour le développement de son secteur énergétique, à travers le partage des expertises et des expériences dont regorgent les institutions algériennes, à leur tête Sonatrach, l’ARH et l’Institut algérien du pétrole». Ces deux séquences s’inscrivent dans une stratégie que l’Algérie déploie avec méthode depuis plusieurs années, mobiliser son expertise pétrolière accumulée depuis les années 1970 pour en faire un actif diplomatique sur le continent africain.

Malik Meziane

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