La vitrine de l’Algérie qui émerge
Pour la célébration du 64e anniversaire de la fête de l’Indépendance et du recouvrement de la souveraineté nationale, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a enchaîné dimanche, à Alger et dans sa périphérie, une série d’inaugurations et de poses de première pierre touchant au logement, au numérique, à la santé et à la culture.
De Sidi Abdellah à Mahelma, en passant par Rahmania, Mohammadia, Dely Ibrahim et Ouled Fayet, le chef de l’État, entouré de plusieurs membres du gouvernement et de hauts responsables militaires, a voulu transformer cette date symbolique en démonstration concrète d’une même ambition, celle d’une Algérie émergente, tournée vers l’avenir sur les plans économique, social, scientifique et culturel, sans jamais se couper des acquis engrangés depuis l’indépendance.
« Le secteur du logement est devenu la fierté de l’Algérie »
C’est au pôle urbain baptisé du nom du défunt moudjahid Ahmed-Taleb-El Ibrahimi, à Rahmania, dans l’ouest algérois, que le président de la République a livré le message le plus fort de la journée. La cérémonie s’est déroulée en présence du général d’Armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, et du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Tarek Belaribi. Devant cette nouvelle cité de 10 507 logements en location-vente,répartie en quatre grandes cités de 2 500 logements chacune et une cinquième de 507 unités, sur une superficie totale de 119,5 hectares, Abdelmadjid Tebboune a déclaré que « le secteur du logement est devenu la fierté de l’Algérie », soulignant que ce niveau a été atteint « grâce aux efforts des hommes fidèles au serment des martyrs ». Il a mis en avant un indicateur qu’il considère comme particulièrement parlant : l’âge moyen auquel un citoyen algérien accède désormais à un logement se situe « entre 30 et 31 ans », un chiffre qu’il a jugé « tout à fait acceptable ».
Le pôle inauguré illustre à lui seul l’ambition urbanistique voulue par le chef de l’État. Il dispose d’un siège de sûreté urbaine, d’une polyclinique, d’un bureau de poste, de quatre écoles primaires, de deux collèges d’enseignement moyen et de deux lycées, ainsi que de deux centres commerciaux, 528 locaux commerciaux, des arrêts de transport urbain, des parcs de loisirs, des espaces pour enfants et un réseau de fibre optique intégré dès la conception. Autant d’équipements qui, selon la présidence, incarnent « la nouvelle vision du secteur de l’habitat, fondée sur la réalisation de villes modernes et intégrées », loin de la seule logique de construction de logements.
Ce satisfecit présidentiel s’appuie sur une réalité chiffrée qui dépasse le seul site de Rahmania. Le programme de location-vente AADL 3, colonne vertébrale de la politique nationale du logement, a enregistré plus d’un million de demandes sur sa plateforme dédiée, plus précisément 1 024 342 dossiers déposés, et rassemble aujourd’hui près de 950 000 souscripteurs ayant déjà réglé leur première tranche, une opération de paiement intégralement numérisée. Sur le terrain, l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement fait état du lancement effectif des travaux de près de 150 000 unités, soit environ 73 % de la première tranche programmée à hauteur de 200 000 logements, avec un objectif cumulé de 500 000 logements sur la période 2025-2026 et une ambition affichée de deux millions de logements toutes formules confondues à l’horizon 2029-2030. Les chantiers, lancés dès juillet 2025 sur 16 pôles urbains couvrant environ 34 000 hectares, mobilisent exclusivement des matériaux de construction et une main-d’œuvre nationale, avec des adaptations architecturales spécifiques dans les wilayas du Sud pour tenir compte des contraintes climatiques sahariennes.
C’est dans ce sillage que le président de la République a donné, dimanche après-midi depuis la ville nouvelle de Sidi Abdellah, le coup d’envoi officiel de l’opération de distribution des logements 2026 à l’échelle nationale avec 179 168 unités toutes formules confondues, dont 42 520 logements publics locatifs, 11 914 logements AADL, 9 975 logements promotionnels aidés, 7 353 logements promotionnels libres, 76 423 aides à l’habitat rural et 30 983 décisions d’attribution dans le cadre des lotissements sociaux.
Saluant la confiance des citoyens envers les institutions chargées de la réalisation de ces programmes, le chef de l’État a chargé le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Tarek Belaribi, de transmettre « les salutations sincères » à l’ensemble des personnels du secteur, les encourageant à « poursuivre ces grandes victoires que l’Algérie réalise dans le silence ».
Une souveraineté numérique désormais matérialisée
À Mohammadia, en présence notamment de la ministre, haut-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, et du wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi, le président de la République a inauguré le Centre national algérien des services numériques, après avoir écouté l’hymne national et passé en revue des détachements de l’Armée nationale populaire venus lui rendre les honneurs. Présentée comme la première infrastructure numérique souveraine du pays, cette réalisation stratégique traduit, selon la présidence, l’engagement de l’État à se doter d’une infrastructure moderne et sécurisée pour l’hébergement des données nationales.
Composé de deux centres de données implantés dans les wilayas d’Alger et de Blida, conçus selon les dernières normes internationales en matière de construction, de sécurité et d’exploitation des données, l’ouvrage affiche un taux de disponibilité de 99,98 %, une synchronisation instantanée des données et une résilience éprouvée face aux pannes techniques. Il intègre également une gestion centralisée des incidents et des anomalies techniques, censée garantir la continuité ininterrompue des services numériques de l’État et l’interopérabilité entre les différents secteurs, au bénéfice direct du service public rendu au citoyen. Cette avancée s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée dans le secteur du logement lui-même, où la numérisation intégrale du paiement des tranches AADL 3, opérée exclusivement en ligne pour près d’un million de souscripteurs, a valeur de démonstration. Le ministre de l’Habitat avait d’ailleurs souligné, quelques semaines plus tôt, que les investissements consentis par l’État dans les infrastructures numériques permettaient déjà au secteur du logement d’accéder à sa propre souveraineté numérique, un terrain qu’il jugeait particulièrement porteur pour les start-up algériennes. Un chantier numérique transversal, donc, que le président de la République a implicitement relié à la même exigence de souveraineté qui traverse l’ensemble des secteurs inaugurés dimanche.
La santé, entre équité territoriale et recherche de pointe
Le chef de l’État a également inauguré, dans la commune de Mahelma, à l’ouest d’Alger, l’établissement hospitalier spécialisé en cardiologie et chirurgie cardiaque pédiatrique Omar-Boudjellab. Doté d’une capacité d’accueil de 80 lits sur une superficie de 22 000 m², ce nouvel acquis pour le système national de santé rassemble sept services principaux, cardiologie pédiatrique, chirurgie cardiaque pédiatrique, anesthésie-réanimation, chirurgie vasculaire et transplantation d’organes, imagerie médicale et radiologie, laboratoire central et pharmacie. L’établissement dispose en outre d’un service des urgences, d’une unité de réadaptation cardiaque, d’un laboratoire d’analyses, d’un centre de transfusion sanguine, ainsi que d’unités de cathétérisme diagnostique et interventionnel et d’un plateau d’imagerie complet équipé d’IRM, de scanner, de radiographie et d’échographie.
Organisé sur plusieurs niveaux, l’hôpital abrite au premier étage les unités d’hospitalisation et l’administration, tandis que le deuxième étage regroupe trois blocs opératoires, une unité de réanimation, une unité de néonatologie, une unité de stérilisation des équipements médicaux et une salle de jeux dédiée au soutien psychologique des enfants hospitalisés ; le sous-sol est quant à lui réservé aux services techniques et logistiques. Pour renforcer ses missions de formation et de recherche, l’établissement a été doté d’un pôle pédagogique comprenant un amphithéâtre de 170 places, deux salles d’étude de 90 places chacune, une salle de réunion et une bibliothèque. Le coût global du projet a dépassé cinq milliards de dinars, auxquels s’ajoute un budget d’équipement de plus de 2,5 milliards de dinars, une enveloppe qui traduit, selon la présidence, l’ampleur de l’investissement public consacré au développement des structures sanitaires spécialisées. Doté d’un système numérique intégré, l’établissement devient le premier hôpital entièrement numérisé d’Algérie, avec l’activation de services de télémédecine et de conférences médicales à distance, conçu comme un centre national de référence appelé à offrir un parcours de soins complet, du diagnostic précoce jusqu’à la réadaptation, en passant par la prise en charge médico-chirurgicale.
Non loin de là, toujours à Rahmania, le président de la République a posé la première pierre de l’Institut algérien de thérapie cellulaire et génique, infrastructure sanitaire et scientifique qui associera espaces de soins, de recherche et de formation dans les domaines de la médecine régénérative et des biotechnologies. Ces deux projets répondent à un même objectif stratégique celui de réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger, renforcer la formation des compétences médicales algériennes et consolider ce que le chef de l’État a désigné, en creux, comme la souveraineté sanitaire du pays.
Les chantiers de l’émergence
La dimension culturelle n’a pas été oubliée dans le programme présidentiel. À Ouled Fayet, dans l’ouest algérois, Abdelmadjid Tebboune a procédé à la pose de la première pierre d’une salle de grands spectacles d’une capacité de 10 000 places, sur une superficie de 60 000 m². Le projet, dont la réalisation doit s’étaler sur 24 mois sous la supervision de l’Agence nationale de réalisation des investissements en équipement, relevant du ministère de l’Habitat, vise explicitement à consolider et soutenir l’industrie culturelle nationale. L’édifice comprendra des salles de spectacle, des salles de conférence, des structures administratives, une bibliothèque, une vidéothèque, des salles de presse, des locaux techniques et des espaces réservés aux artistes, l’ensemble étant complété par un parking public d’une capacité de plus de 1 000 véhicules.
Le chef de l’État a par ailleurs inauguré, à Dely Ibrahim, le nouveau siège du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, présenté comme l’une des infrastructures administratives les plus importantes du secteur, alliant design moderne, technologies intelligentes et normes de sécurité avancées. Bâti sur une superficie de 2,5 hectares, l’ensemble s’articule autour d’une tour principale de 122 mètres et 24 étages, complétée par un bâtiment administratif, des salles de réunion et un observatoire panoramique offrant une vue à 360 degrés sur la capitale. Le site est également équipé d’un système avancé de résistance aux séismes et d’un parking souterrain d’une capacité d’environ 450 véhicules, un ensemble censé incarner la modernisation des espaces de travail de l’administration publique algérienne.
Les acquis sociaux, socle revendiqué de l’émergence
Revenant sur l’ensemble de ces réalisations, le président de la République a livré une lecture globale de la trajectoire du pays. Il a estimé que « les points forts de notre pays résident dans le fait que l’essentiel des dépenses de l’État est orienté vers la réalisation des équilibres sociaux dans les domaines de la santé, du logement, de l’éducation et de l’enseignement, des dossiers qui avancent tous ensemble jusqu’à l’objectif recherché ». Évoquant les acquis engrangés dans plusieurs secteurs, il a affirmé qu’ils « réjouissent le cœur », ajoutant : « Louange à Dieu pour ce à quoi le pays est parvenu grâce aux efforts que déploient les hommes fidèles au serment des martyrs ».
Sur le dossier de l’eau, le chef de l’État a rappelé que « l’État a œuvré à combattre la sécheresse et la soif en s’appuyant sur des cerveaux, des moyens et des financements algériens », précisant qu’« un travail est en cours pour atteindre l’autosuffisance en matière d’approvisionnement des citoyens en eau, au moyen d’usines de dessalement d’eau de mer, à hauteur de 40 %, et nous atteindrons un taux de 62 % à l’achèvement des autres projets de ces usines ». Cette approche globale, a-t-il soutenu, a permis de hisser l’Algérie « parmi les pays avancés et prospères sur le plan économique et social », un statut qu’il attribue aux classements des organisations internationales compétentes en la matière. Il a également tenu à saluer les responsables « fidèles aux sacrifices des glorieux martyrs », qui s’emploient selon lui, en mobilisant tous les moyens disponibles, à répondre aux besoins des citoyens dans les domaines de la santé, du logement, de l’éducation et de l’approvisionnement en eau potable.
Enfin, le président de la République est revenu sur le choix symbolique de la date, expliquant que la distribution des logements aux bénéficiaires le jour de l’Indépendance visait à faire de cet événement « un souvenir gravé dans la mémoire des enfants de l’Algérie », tout en saluant la conscience et le patriotisme dont fait preuve, selon lui, la jeunesse du pays.
Salim Amokrane

