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Afrique du Sud : Appel à un soutien international renforcé au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination

Un symposium politique et des droits de l’homme organisé en Afrique du Sud a mis en lumière, vendredi, la réalité des droits humains dans les territoires occupés du Sahara occidental, alors que se poursuivent de graves violations commises par l’occupation marocaine à l’encontre des militants, des défenseurs des droits humains et des prisonniers politiques sahraouis. Le défenseur des droits humains Boujemaa Abdallah Hiba, membre du Comité de défense du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (CODESA) et responsable de son antenne à Dakhla occupée, a pris part à cette rencontre pour évoquer la situation des prisonniers politiques sahraouis détenus dans les geôles marocaines. Il est notamment revenu sur l’état de santé « dégradé » du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, engagé depuis 33 jours dans une grève de la faim illimitée pour dénoncer les atteintes portées à ses droits fondamentaux et à ceux de ses compagnons de détention, une action qu’il mène, selon l’intervenant, face à l’administration pénitentiaire marocaine qui persiste à ignorer leurs revendications légitimes.

Figure emblématique de la lutte sahraouie et vice-président du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO), Naâma Asfari purge depuis novembre 2010 une peine de trente ans de réclusion prononcée à l’issue d’un procès dénoncé par plusieurs instances onusiennes pour le recours à des aveux extorqués sous la torture . Détenu à la prison de Kénitra, il fait partie du groupe de Gdeim Izik, condamné après le démantèlement par les autorités marocaines d’un campement pacifique érigé en 2010 par des milliers de Sahraouis aux abords de Laâyoune occupée. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a exigé, dans un avis récent, la libération immédiate de l’ensemble des membres de ce groupe.

Le chercheur nigérian en relations internationales, spécialiste des questions africaines, Obaraghu Achem, a pour sa part abordé les violations des droits de l’homme perpétrées dans les territoires occupés à l’encontre du peuple sahraoui, qui continue de subir le joug de l’occupation marocaine depuis un demi-siècle et de mener son combat pour l’exercice de son droit à l’autodétermination.

La rencontre a réuni un nombre important de militants et de personnalités solidaires venus d’Afrique du Sud, du Kenya, du Niger, ainsi que de plusieurs pays d’Amérique latine, qui ont brandi des pancartes réclamant la libération de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité internationale avec le peuple sahraoui et d’appuyer son droit à l’autodétermination et à la liberté, appelant à une mobilisation accrue en faveur de la protection des droits humains au Sahara occidental.

Cette mobilisation intervient alors que plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Front Line Defenders, ainsi que des collectivités locales et associations en Europe, ont multiplié ces dernières semaines les appels en faveur de Naâma Asfari et de ses codétenus. Le Comité des Nations unies contre la torture a, à plusieurs reprises, condamné le Maroc pour son usage systémique de la torture à l’encontre des militants sahraouis. Pour les organisateurs du symposium de Johannesburg, la cause sahraouie demeure un test pour la crédibilité du droit international et pour l’engagement de la communauté internationale en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

R.I.

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