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L’Algérie et le Mali renouent leurs relations diplomatiques : La sécurité du Sahel, une priorité

Alger et Bamako ont décidé de tourner la page de quinze mois de brouille diplomatique en annonçant vendredi simultanément le retour de leurs ambassadeurs respectifs et la réouverture réciproque de leurs espaces aériens, mettant ainsi fin à une crise ouverte en avril 2025 après plusieurs mois de tensions.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné le retour à Bamako de l’ambassadeur Kamal Retieb, en poste depuis son rappel pour consultations le 7 avril 2025. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, cette décision présidentielle traduit la volonté du chef de l’Etat de « rétablir les relations algéro-maliennes dans leur trajectoire historique naturelle », fondée sur le respect mutuel et des liens de fraternité entre les deux peuples, mais aussi au bénéfice de l’ensemble de la région sahélo-saharienne et du continent africain. Le gouvernement de la transition à Bamako a annoncé, dans un communiqué distinct, le retour de son propre ambassadeur à Alger ainsi que la réouverture de son espace aérien national à l’ensemble du trafic aérien algérien, civil et militaire. Cette double démarche s’inscrit, selon les autorités maliennes, dans le cadre de « la redynamisation des relations de coopération et d’amitié » entre les deux Etats.

Le ministère de la Défense nationale a, de son côté, confirmé la réouverture totale de l’espace aérien algérien à la circulation aérienne malienne, une mesure applicable à tous les vols à destination et en provenance du Mali, quelle que soit leur origine internationale. L’Algérie choisi le dialogue après plusieurs mois de fermeté dans le cadre d’un positionnement constant en faveur de la sécurité et la stabilité du Sahel.

Rappelons dans ce contexte que la crise diplomatique a atteint un pic en avril 2025, lorsqu’un drone malien avait pénétré l’espace aérien algérien avant d’être neutralisé par les forces aériennes de l’ANP près de la localité de Tinzaouatine, à la frontière entre les deux pays. Cet incident qui s’était inscrit dans une escalade diplomatique inédite entre Alger et Bamako dans le sillage de plusieurs mois de tensions alimentées par les provocations de Bamako et la dénonciation de l’Accord d’Alger de 2015, s’était traduit par le rappel réciproque des ambassadeurs et la fermeture des espaces aériens aux aéronefs civils et militaires des deux pays. Ce dénouement marque une étape significative vers la normalisation des rapports entre les deux pays voisins, unis par une frontière commune de plus de 1 300 kilomètres. C’est aussi une main tendue de l’Algérie vers le Mali, qui vit depuis quelques mois une situation sécuritaire et économique extrêmement délicate, avec une pénurie de carburant qui paralyse de pays et une recrudescence des attaques de groupes armés. Une décision que les observateurs saluent, au regard du rôle central que joue l’Algérie dans la sécurité du Sahel et au regard des intérêts stratégiques des États du Sahel.

Cette détente s’inscrit également dans le prolongement de la normalisation des relations entre l’Algérie et le Niger, ainsi qu’avec le Burkina Faso, les deux alliés du Mali dans l’Alliance des États du Sahel depuis le début de l’année, et marquée par un rapprochement stratégique et une consolidation de la coopération économique et sécuritaire entre l’Algérie et plusieurs États du Sahel.

Hocine Fadheli

admin

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