APN : La 10e législature ouverte
La dixième législature de l’Assemblée populaire nationale (APN) s’est ouverte mardi, avec l’adoption du rapport de la commission de validation de la qualité de membre des députés élus lors des législatives du 2 juillet dernier, ouvrant la voie à l’élection d’un nouveau président de la chambre basse du Parlement, pour laquelle une candidate se dégage nettement, soutenue par six groupes parlementaires.
Les travaux de la première séance plénière ont débuté par la récitation de la Fatiha du Saint Coran et l’écoute de l’hymne national, avant l’appel nominal des députés conformément à la proclamation, par la Cour constitutionnelle le 18 juillet, des résultats définitifs du scrutin. La séance a été présidée par le doyen des nouveaux élus, Abdelkader Bellahssen, assisté des deux plus jeunes députés, Abdeldjalil Faghouli et Belghith Abdellah Nadhir. Conformément à l’article 124 de la Constitution, une commission de validation de la qualité de membre, composée de 30 membres selon la représentation proportionnelle initiale, a été constituée et son rapport adopté. Dans son allocution, le député Bellahssen a estimé que l’APN « est appelée plus que jamais à poursuivre l’ancrage des traditions de travail parlementaire sérieux, à renforcer la pratique démocratique et à promouvoir la culture du dialogue et du respect mutuel ».
Une femme à la tête de l’Assemblée
Trois candidats étaient en lice pour la présidence de l’APN, la députée Khalida Boufedech, du Front de libération nationale (FLN), le député Amine Allouche, du Mouvement de la société pour la paix (MSP), et le député Rachid Hassani, du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Lors d’une conférence de presse commune tenue mardi au siège de l’Assemblée, six groupes parlementaires ainsi que des représentants de plusieurs partis ont annoncé leur soutien à la candidature de Khalida Boufedech, un choix justifié, selon eux, par la conviction que l’étape à venir requiert « une direction dotée d’expérience et de compétence », de nature à accompagner le processus de réformes engagé par l’Algérie, à renforcer la pratique démocratique et à consolider le rôle constitutionnel de l’institution législative. Les groupes soutenant cette candidature représentent le FLN, le Rassemblement national démocratique (RND), le Front El-Moustakbal, le Mouvement El-Bina, le parti des Libres ainsi que Sawt Echaab, rejoints par des représentants des partis El-Karama, Front de l’Algérie Nouvelle et Tajamou Amal El-Djazaïr. Au moment où nous mettons sous presse, le scrutin n’avait pas encore eu lieu et le nom de la future présidente ou du futur président de l’APN n’était pas officiellement connu. L’élection du président de l’Assemblée obéit à des règles précises fixées par l’article 134 de la Constitution et l’article 11 de la loi organique 16-12. Le bureau provisoire, présidé par le doyen d’âge, supervise le scrutin jusqu’à la proclamation du résultat. Chaque député peut se porter candidat en séance, personnellement ou par l’intermédiaire du représentant de sa formation politique. Le vote a lieu au scrutin secret en cas de pluralité de candidatures, le vainqueur devant réunir la majorité absolue des voix ; à défaut, un second tour départage les deux candidats arrivés en tête, la majorité relative suffisant alors, l’égalité des voix profitant au doyen des candidats. En cas de candidature unique, l’élection se déroule à main levée.
Un paysage parlementaire renouvelé
Ce scrutin présidentiel intervient dans le sillage des résultats définitifs des législatives du 2 juillet, qui ont vu le FLN arriver en tête avec 91 sièges sur 407, devant le RND (74 sièges) et le Front El-Moustakbal (56 sièges). Suivent le MSP (43 sièges), le Mouvement El-Bina (40 sièges) et les listes indépendantes (33 sièges), le reste des sièges se répartissant entre une dizaine d’autres formations, dont le FFS (12 sièges) et le RCD (4 sièges). Cette nouvelle configuration, marquée par une forte présence de jeunes et d’universitaires parmi les élus, ouvre la dixième législature sur fond d’attentes renouvelées quant au rôle de l’institution parlementaire.
Chokri Hafed

