Culture

Le 9e Festival « L’Été en musique » ouvre ses portes aux Sablettes : Une soirée chaâbi et hawzi en mise en bouche

Le 9e Festival culturel international « L’Été en musique » a ouvert ses portes samedi soir à la Promenade des Sablettes, à Alger, pour une édition placée sous le slogan « Mélodies du monde… esprit de l’Algérie », avec une soirée inaugurale consacrée au chaâbi et au hawzi par la chanteuse Naïma Dziria, devant un public venu de plusieurs régions du pays.

L’inauguration a été assurée par Abdenacer Khellaf, directeur central de l’Organisation et de la Distribution du produit culturel et artistique, représentant la ministre de la Culture et des Arts Malika Bendouda, aux côtés de la commissaire de cette 9e édition, Khadidja Dahmani, et de plusieurs responsables locaux. Pendant près de deux heures, la voix de Naïma Dziria a porté une quinzaine de titres puisés dans le répertoire hawzi et chaâbi, servie par un orchestre d’une dizaine de musiciens, dont l’oudiste Saliha Ould Moussa, placé sous la direction du maestro Amine Dahane. Vêtue d’un long karakou bleu, l’interprète a confié son « bonheur de retrouver son public », avant d’enchaîner sur des reprises signées Cheikh Mohamed El Badji, El Hadj El Hachemi Guerouabi et El Hadj Boudjemaa El Ankis, trois figures disparues du chaâbi algérois. La salle en plein air a repris en chœur les refrains, ponctuant chaque morceau de youyous et d’applaudissements. Pour un couple de spectateurs présents ce soir-là, l’artiste demeure une « digne gardienne d’un pan du patrimoine musical algérien ».

Neuvième du nom, le rendez-vous estival a changé plusieurs fois de visage depuis sa création. Après des éditions organisées au théâtre de plein air du Casif, à Sidi Fredj, dont la précédente, en 2025, déroulée sous le slogan « Rythme sans frontières », le festival investit cette année le front de mer des Sablettes et devient, pour la première fois, entièrement gratuit. Un changement d’échelle qui traduit, selon ses organisateurs, la volonté d’en faire un « grand rendez-vous culturel » et un « levier majeur » de l’animation de la capitale durant l’été. Placée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts et organisée en collaboration avec les services de la wilaya d’Alger, la manifestation s’inscrit dans une ambition assumée, celle de « faire de la culture un levier de cohésion sociale et un instrument de promotion du rayonnement touristique d’Alger ». Les organisateurs présentent cette 9e édition comme le reflet d’« une Algérie tournée vers le monde tout en valorisant l’authenticité de son patrimoine, en phase avec la stratégie nationale de promotion de l’industrie culturelle ».

Le volet artistique s’accompagne d’un volet formation. Au Village des artistes, une master-class intitulée « Musique et Intelligence artificielle » doit permettre mardi prochain de « préparer les jeunes à relever les défis technologiques liés à la création musicale contemporaine ». Le festival s’appuie par ailleurs sur un partenariat avec l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins (ONDA), tandis que la direction de la jeunesse, des sports et des loisirs y propose des activités destinées aux familles.

La programmation, qui court jusqu’au 21 août, doit décliner tout au long de la semaine un éventail de sonorités allant du raï au flamenco, en passant par le reggae et le jazz.

L’événement, piloté par l’Office national de la culture et de l’information (ONCI), s’inscrit dans un calendrier estival plus large qui doit essaimer, ces prochaines semaines, jusqu’à Constantine, Tipasa ou Sidi Bel Abbès. Le festival mise sur l’affluence populaire pour asseoir sa place parmi les grands rendez-vous de l’été, aux côtés des autres festivals patrimoniaux et musicaux qui rythment traditionnellement la saison.

Mohand Seghir

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