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Six morts dans le renversement d’un bus à Naâma : L’hécatombre routière se poursuit

Six personnes ont trouvé la mort et 31 autres ont été blessées, dimanche, dans la wilaya de Naâma, après la déviation et le renversement d’un autobus de transport de voyageurs, portant à treize le nombre de tués sur les routes du pays en l’espace de 24 heures, selon un bilan communiqué le même jour par la Protection civile.

L’accident s’est produit à 03h05 « à la suite de la déviation et du renversement d’un autobus de transport de voyageurs au niveau de la RN06 dans la commune et daïra d’Aïn Sefra », précise un communiqué de la Direction générale de la Protection civile. Un camion d’intervention et six ambulances ont été mobilisés pour prodiguer les premiers soins aux blessés avant leur évacuation vers l’hôpital local, tandis que les dépouilles des victimes ont été transférées vers la morgue. Sur place, l’ensemble des dispositifs locaux a été activé. Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, des équipes médicales et paramédicales de Naâma, Mécheria et Aïn Sefra ont été mobilisées pour assurer la prise en charge des blessés et le suivi de leur état de santé. Les autorités locales, accompagnées des autorités sécuritaires et militaires, se sont rendues sur les lieux du drame ainsi qu’à l’établissement public hospitalier « Mohamed Boudiaf » d’Aïn Sefra, où les blessés ont été transférés. Le secrétaire général chargé de la gestion des affaires de la wilaya, Messaoud Boulaâras, a affirmé que « toutes les mesures nécessaires avaient été prises par l’ensemble des secteurs concernés et des différents intervenants, afin d’assurer une prise en charge optimale des blessés jusqu’à leur rétablissement ». Le bilan humain fait état de six morts, âgés d’un à 54 ans.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, la wilaya de Naâma a apporté de premiers éléments sur les circonstances du drame. Selon les témoignages recueillis auprès de plusieurs voyageurs présents à bord du bus, qui assurait la liaison Sidi Bel Abbès-Tindouf, « le chauffeur roulait à une vitesse excessive » et « présentait des signes de fatigue et d’épuisement en conduisant », des facteurs jugés susceptibles d’avoir « contribué de manière significative » à la survenue de l’accident, en attendant les conclusions de l’enquête ouverte par les services compétents pour déterminer les causes exactes et les responsabilités.

Ce n’est pas le seul drame qu’a connu la wilaya en l’espace de quelques heures. La veille au soir, vers 21h35, un autre accident impliquant le renversement d’un bus de transport de voyageurs était survenu dans la commune de Tiout, sur la RN 47, faisant 17 blessés de gravité variable. Cumulés, les deux accidents survenus à Naâma ont fait six morts et 48 blessés, faisant de cette wilaya le bilan le plus lourd enregistré au niveau national sur la période, selon la Protection civile, qui recense un total de 13 morts et 285 blessés dans des accidents de la route survenus en 24 heures à travers le territoire national.

Ce nouveau drame s’inscrit dans une série noire qui frappe le transport public de voyageurs depuis le début de l’été. Le 31 juillet, un accident à Boumerdès avait fait 27 morts et 44 blessés après le renversement d’un bus assurant la liaison depuis Sétif, un bilan d’une ampleur telle que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait décrété un deuil national de trois jours et promis que « la justice frappera d’une main de fer » les responsables. Moins de 24 heures plus tard, un second accident survenait à Timimoune, portant à trente le nombre de morts enregistrés en une seule journée. Une semaine plus tard, le 6 août, un nouvel accident de bus à Constantine, sur la RN 79 entre Constantine et Mila, faisait six morts et 19 blessés, portant à 38 le nombre de personnes tuées et à 103 celui des blessés dans trois accidents de bus survenus en moins d’une semaine à Boumerdès, Timimoun et Constantine.

Cette accumulation de drames impliquant des autocars de transport de voyageurs relance avec une acuité renouvelée le débat sur l’état du parc automobile national et les conditions d’exploitation des lignes interwilayas. Les facteurs récurrents évoqués après chaque catastrophe, excès de vitesse, fatigue des conducteurs, vétusté de certains véhicules, non-respect du Code de la route, se retrouvent une nouvelle fois au cœur des premières constatations livrées après l’accident de Naâma. Face à cette situation, les autorités avaient déjà annoncé plusieurs mesures destinées à endiguer ce qui est de plus en plus qualifié de « terrorisme routier » avec un durcissement du Code de la route, l’installation de limitateurs de vitesse et de dispositifs de contrôle dans les bus, le renforcement des contrôles techniques, une révision des conditions d’obtention du permis pour le transport en commun, ainsi que le renouvellement progressif d’un parc vieillissant à travers une commande de 10 000 bus importés.

Malik Meziane

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