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ANRH : Plusieurs études pour sécuriser les ressources en eau

L’Agence nationale des ressources hydriques planche actuellement sur plusieurs études liées à des projets structurants répartis sur tout le territoire national, touchant aussi bien l’alimentation en eau potable que l’industrie minière. Le directeur général de l’agence, Houcine Benmouffok, a détaillé ce dimanche à l’APS l’avancée de ces travaux qui visent à mieux suivre et mobiliser les nappes souterraines du pays. Ces actions s’inscrivent dans une volonté plus large d’assurer une gestion durable des ressources hydriques et de renforcer la capacité du pays à faire face aux bouleversements climatiques. Parmi les chantiers en cours, l’un des plus attendus concerne le transfert des eaux de la nappe albienne d’Irharène, dans la région de Timimoune, vers le gisement de fer de Gara Djebilet, situé du côté de Tindouf. Selon M. Benmouffok, ce tracé permettra d’acheminer l’eau «à partir de Timimoune jusqu’à Tindouf en passant par Béni Abbès et Béchar», dans le double objectif de répondre aux besoins de l’exploitation minière et de garantir l’approvisionnement des populations locales.

L’agence conduit par ailleurs des études hydrogéologiques et géophysiques dans plusieurs wilayas du pays. La wilaya de Bouira fait partie des zones actuellement scrutées, notamment ses reliefs montagneux comme celui de Zbarbar. Le directeur général a expliqué qu’un forage de reconnaissance y est mené à une profondeur de 1 200 mètres, une opération destinée à «rechercher de nouvelles ressources en eau dans la région pour alimenter la zone en eau potable». Sur le volet du suivi pluviométrique, l’ANRH a lancé à titre expérimental une station automatique développée en partenariat avec l’Université des sciences et technologies Houari Boumediene. Ce dispositif, appelé à être étendu si les résultats sont concluants, alimente une base de données que M. Benmouffok présente comme «un tableau de bord pour le secteur de l’hydraulique en Algérie».

Le responsable est également revenu sur l’activité de l’agence en matière d’autorisations de forage. Entre 2021 et 2025, près de 195 000 demandes ont été examinées, dont 71 % ont obtenu un avis favorable, la majorité concernant le secteur agricole. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la sollicitation des nappes souterraines par les exploitants du pays ces dernières années. Autre dossier majeur évoqué par le directeur général, la finalisation d’un modèle mathématique du Continental intercalaire, ces eaux albiennes situées dans les régions d’Adrar et de Timimoune. Cet outil doit permettre d’affiner l’estimation des réserves disponibles sur une zone d’environ 95 000 kilomètres carrés. M. Benmouffok considère que ce modèle «permettra d’estimer plus précisément les réserves» et «d’orienter la gestion de ces ressources stratégiques» pour les années à venir.

Placée sous la tutelle du ministère de l’Hydraulique, l’ANRH a pour mission d’évaluer et de suivre les ressources en eaux superficielles et souterraines à l’échelle du pays. Elle réalise à ce titre l’inventaire des ressources hydriques, mène les études hydrologiques et hydrogéologiques nécessaires, et produit les données techniques indispensables à la planification du secteur. Au delà de ces missions techniques, l’agence joue aussi un rôle d’appui auprès des pouvoirs publics dans l’élaboration et la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau, contribuant ainsi directement à la préservation d’une ressource devenue stratégique face aux défis climatiques que connaît l’Algérie.

Massinissa Raïs

admin

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