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Gaz naturel : La production algérienne au plus haut depuis trois ans

La production algérienne de gaz naturel a bondi de 4,2 % au premier semestre 2026, atteignant son meilleur niveau en trois ans avec 54,01 milliards de mètres cubes. Une performance portée à la fois par une demande intérieure en forte hausse et par des exportations en progression, tandis qu’Alger accélère le développement du solaire pour préserver ses marges de manœuvre à l’export.

L’Algérie a produit 54,01 milliards de mètres cubes de gaz naturel entre janvier et juin 2026, soit une hausse de 4,2 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon des données relayées ce dimanche par une unité de recherche spécialisée dans l’énergie basée à Washington. Ce volume représente le meilleur premier semestre enregistré par l’Algérie depuis trois ans, porté par une production plus abondante que d’ordinaire et une demande intérieure elle aussi en forte croissance. Le pays n’avait plus atteint un tel niveau depuis 2023, année où la production avait culminé à 54,72 milliards de mètres cubes sur les six premiers mois. Après ce pic, les volumes s’étaient repliés à 53,61 milliards en 2024 puis à 51,81 milliards en 2025, avant de repartir nettement à la hausse cette année. En 2022, la production s’établissait encore plus bas, à 49,23 milliards de mètres cubes.

Ce redressement s’explique par une progression quasi continue mois après mois, à une exception près. En juin, la production a légèrement fléchi de 0,4 %, retombant à 8,17 milliards de mètres cubes contre 8,20 milliards un an plus tôt, d’après les chiffres de l’initiative conjointe de données organisationnelles Jodi. Le record mensuel absolu reste toutefois celui de mars 2023, quand l’Algérie avait extrait 13,18 milliards de mètres cubes en un seul mois. Le pays s’en était rapproché en janvier dernier, avec 10,437 milliards, sans parvenir à l’égaler.

Cette embellie de la production intervient alors que la consommation nationale grimpe elle aussi à vive allure. Le marché intérieur a absorbé 28,49 milliards de mètres cubes durant le premier semestre, contre 26,81 milliards sur la même période en 2025, soit une progression de 6,3 %. La demande locale a ainsi capté environ 53 % de tout le gaz produit dans le pays sur ces six mois, un appétit largement entretenu par le secteur de l’électricité, dont la production dépend encore à 99 % du gaz.

Consciente de cette dépendance, l’Algérie mise sur le solaire pour desserrer l’étau et libérer davantage de gaz destiné à l’exportation vers une Europe toujours en quête d’approvisionnements fiables. Deux des plus grandes centrales solaires du pays ont été mises en service en mai, pour une puissance cumulée de 400 mégawatts. Elles marquent le lancement de la première phase d’un programme national ambitieux, qui vise l’ajout de 3,2 gigawatts de capacités photovoltaïques d’ici 2027.

Hausse des exportations

Du côté des ventes à l’étranger, les exportations algériennes de gaz, qu’elles transitent par gazoduc ou sous forme liquéfiée, ont progressé de 2,4 % pour atteindre 23,97 milliards de mètres cubes au premier semestre, contre 23,40 milliards un an plus tôt. Cette hausse tient presque exclusivement aux livraisons par gazoduc, qui constituent l’écrasante majorité des expéditions algériennes, alors même que les cargaisons de gaz naturel liquéfié ont reculé en raison d’opérations de maintenance. En juin, les exportations par gazoduc ont atteint 3,06 milliards de mètres cubes contre 2,95 milliards un an auparavant, tandis que celles de GNL sont retombées à 899 millions de mètres cubes contre un milliard.

Sur l’ensemble du semestre, les exportations algériennes de GNL ont ainsi chuté de 6,5 % à 4,47 millions de tonnes, soit environ 6,1 milliards de mètres cubes, malgré un deuxième trimestre plus dynamique où les volumes étaient remontés à 2,43 millions de tonnes. Cette embellie trimestrielle n’a pas résisté au mois de juillet, marqué par une nouvelle chute des expéditions à 495 000 tonnes, l’un des plus faibles volumes mensuels enregistrés depuis au moins 2013. Seuls les mois de janvier 2025 et janvier 2026 avaient fait pire ou presque, avec respectivement 389 000 et 440 000 tonnes exportées.

Samira Ghrib

admin

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