Conflit au Moyen-Orient Téhéran réaffirme son attachement à la diplomatie mais avertit qu’il ne cédera jamais
Le président iranien Massoud Pezechkian a appelé samedi son homologue américain Donald Trump à ne pas attiser les tensions, assurant que le dialogue et l’application du mémorandum d’entente conclu en juin permettraient de régler les différends entre les deux pays. Le chef de l’État iranien a toutefois prévenu que Téhéran répondrait avec fermeté à toute agression et ne céderait ni aux pressions ni aux menaces. S’exprimant samedi lors d’une cérémonie à Téhéran, Massoud Pezechkian a plaidé pour une résolution négociée des tensions qui opposent son pays aux États-Unis et à Israël depuis le déclenchement du conflit en février dernier. « Si nous avançons par le dialogue et sur la base du mémorandum d’entente, nous résoudrons les problèmes et garantirons nos droits », a-t-il déclaré, propos rapportés par l’agence Mehr. Le président iranien a estimé qu’il en allait de l’intérêt de toutes les parties que Washington et Tel-Aviv fassent preuve de retenue. « Il est dans l’intérêt du pays, de la région et du monde que Trump ne crée pas de troubles et qu’Israël ne provoque pas d’insécurité et d’agression », a-t-il ajouté, tout en assurant que l’Iran ne recherchait pas l’escalade. « Nous n’aimons pas la guerre, mais nous ferons face avec force à l’agression et nous nous défendrons », a-t-il affirmé, précisant qu’aucune pression extérieure ne pourrait amener un peuple uni à renoncer à la défense de son territoire.
Pezechkian a par ailleurs dénoncé une volonté israélienne de fracturer le monde musulman, appelant à un renforcement de l’unité entre nations islamiques pour contrer ce qu’il présente comme une stratégie de division.
Sur le plan intérieur, le président a fixé comme priorité absolue le maintien de l’activité industrielle pour l’hiver à venir, qualifiant cet objectif de « ligne rouge ». Il a assuré que l’approvisionnement en gaz, en électricité et en eau des sites de production ne devait subir aucune interruption, et que d’éventuelles restrictions énergétiques seraient d’abord appliquées aux administrations et bâtiments publics avant de toucher les foyers. Il a appelé la population à soutenir les efforts du gouvernement, affirmant que les adversaires de l’Iran ne devaient pas espérer voir la pression économique conduire le pays à capituler.
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional tendu depuis le 28 février, date à laquelle les forces américaines et israéliennes ont lancé des frappes contre l’Iran. Téhéran avait répliqué par des tirs de missiles et de drones visant l’entité sioniste ainsi que des positions militaires américaines dans la région. Un mémorandum d’entente en quatorze points, négocié en juin sous la médiation du Pakistan et du Qatar, avait ouvert une fenêtre de soixante jours de négociations, portant notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée du blocus naval américain et le dégel d’avoirs iraniens, avant que celui-ci ne soit totalement ébranlé. Vendredi, Pezechkian avait indiqué qu’un accord avait été trouvé avec Oman sur un itinéraire de passage à travers le détroit d’Ormuz, ajoutant que sa réouverture complète resterait conditionnée au respect par Washington de ses engagements, notamment la levée des sanctions, le déblocage des fonds iraniens et la fin des hostilités au Liban. Le même jour, le guide suprême Mojtaba Khamenei avait appelé le gouvernement à renforcer la production nationale et à réduire la dépendance de l’économie iranienne au dollar, dans un contexte marqué par une chute historique du rial face à la devise américaine.
Lyes S.

