Affaire Aissou : La France remet en scène sa propagande usée
Des médias français s’apprêtent à monter une nouvelle campagne médiatique en faveur d’Ayoub Aissou, un fugitif condamné par la justice algérienne pour vol, dilapidation de deniers publics, blanchiment d’argent, financement d’acteurs subversifs et spoliation de biens de citoyens, et aujourd’hui détenu en Espagne dans l’attente d’une extradition vers Alger, selon un commentaire diffusé samedi par l’Agence presse service (APS). Selon les informations relayées par l’agence officielle, les chaînes TF1 et France Télévisions préparent une offensive éditoriale destinée à défendre ce fugitif, arrêté par les autorités espagnoles en exécution d’un mandat d’arrêt international émis par la justice algérienne. Elle souligne ainsi une opération visant à peser sur la décision de la justice espagnole, et dénonce une France qui « confirme sa réputation de défenseur et de protecteur de tout acteur qui agit contre l’Algérie, y compris ceux impliqués dans des affaires de corruption, de détournement d’argent du trésor public », en violation du droit international. En ouvrant ses antennes à ce dossier, ajoute la dépêche, Paris « réactive son mode opératoire éculé pour s’attaquer à l’Algérie et en faire ses proxys », une manœuvre vouée au même sort que les précédentes, celui d’« un acharnement stérile et sans impact ».
Cette sortie de l’agence officielle intervient après la publication, ces derniers jours, d’une lettre ouverte signée par une vingtaine de personnalités françaises réclamant la libération d’Ayoub Aissou, présenté par ses signataires comme un homme de médias poursuivi pour avoir critiqué le pouvoir algérien à travers sa chaîne El Djazairia One. Le texte, adressé à Emmanuel Macron et à Pedro Sánchez, passe sous silence l’essentiel du dossier judiciaire, puisque les poursuites visant Aissou portent sur des faits de corruption et de dilapidation de fonds publics remontant à l’ère Bouteflika, dans le cadre de la lutte contre la grande corruption ouverte après avril 2019. La liste de ses biens saisis avait nécessité, en décembre dernier, 27 minutes de lecture au tribunal, tant l’empire immobilier et multisectoriel qu’il avait bâti s’était étendu.
La composition des signataires de cette lettre, parmi lesquels l’avocat Arno Klarsfeld, l’essayiste Éric Naulleau, l’écrivain Boualem Sansal, la polémiste Céline Pina, l’ancien ministre Bernard Kouchner ou encore Hassen Chalghoumi, renseigne aussi la nature réelle des réseaux qui soutiennent le fugitif, des réseaux connus pour leur proximité avec les lobbies sionistes et pro-israéliens. N’oublions pas non plus les connexions entre Aissou et le Maroc depuis 2014, avec une accélération après la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat, ainsi que des voyages dans l’entité sioniste depuis 2022, selon des informations relayées par son entourage.
L’instruction judiciaire se poursuit en parallèle de ce tapage médiatique. D’anciens proches d’Aissou pourraient être entendus prochainement pour reconstituer ses déplacements entre le Maroc, l’Europe et l’entité sioniste, tandis que la justice algérienne attend désormais la réponse des autorités espagnoles à sa demande d’extradition.
Salim Amokrane

