Le Président de la République convoque le corps électoral : Les élections locales fixées au 28 novembre
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a signé le décret présidentiel convoquant le corps électoral pour l’élection des membres des Assemblées populaires communales et de wilayas. Le scrutin se tiendra le samedi 28 novembre prochain, dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur du nouveau découpage administratif du pays.
Le processus électoral local est désormais officiellement enclenché. Le décret présidentiel n° 26-284 du 29 août 2026 a été publié dans le numéro 62 du Journal officiel, fixant au samedi 28 novembre la date à laquelle les Algériens seront appelés à renouveler leurs Assemblées populaires communales et de wilayas. Le texte s’appuie sur l’article 91 de la Constitution ainsi que sur les articles 62 et 123 de l’ordonnance n° 21-01 du 10 mars 2021 portant loi organique relative au régime électoral.
Un communiqué de la Présidence de la République est venu confirmer dimanche cette échéance, précisant que le chef de l’État a signé ce texte « conformément aux dispositions des articles 62 et 123 de l’ordonnance n° 21-01 du 10 mars 2021 portant loi organique relative au régime électoral, modifiée et complétée ». La même source annonce l’ouverture prochaine d’une étape déterminante du calendrier électoral, la révision exceptionnelle des listes électorales, prévue « à compter du dimanche 6 septembre 2026 » et devant se clôturer « le jeudi 17 septembre 2026 ». Cette opération de révision constitue traditionnellement le point de départ concret du processus électoral, avant que ne s’enchaînent les autres étapes fixées par l’Autorité nationale indépendante des élections, chargée par la loi de préparer, organiser, gérer, superviser et contrôler l’ensemble du scrutin, l’administration devant de son côté mettre à sa disposition les moyens matériels nécessaires.
La particularité de ce rendez-vous électoral tient à son inscription dans une nouvelle cartographie administrative du territoire national. La loi portant réorganisation territoriale a en effet porté le pays à 69 wilayas et 1541 communes, un changement qui entraîne mécaniquement une redéfinition des circonscriptions électorales et du nombre de sièges à pourvoir au sein de chaque assemblée locale. La loi organique relative au régime électoral prévoit d’ailleurs que ce nombre de sièges varie selon la population de chaque circonscription telle qu’établie par le dernier recensement général de la population et de l’habitat, tandis que leur détermination précise relève d’un texte réglementaire distinct.
Le mode de scrutin reste quant à lui inchangé. Les futurs élus siégeront pour un mandat de cinq années, selon un système de liste ouverte à la représentation proportionnelle avec vote préférentiel, sans possibilité de panachage entre listes concurrentes. Les partis et listes indépendantes qui souhaitent se présenter devront respecter un encadrement précis dans la composition de leurs candidatures. Le nombre de candidats doit dépasser de sept unités celui des sièges à pourvoir lorsque la circonscription en compte un nombre impair, et de six unités lorsqu’elle en compte un nombre pair. Les listes doivent également comprendre, sous peine de rejet, un tiers de candidates, réserver au moins la moitié des places à des candidats n’ayant pas dépassé quarante ans à la date du vote, et intégrer au moins un tiers de titulaires d’un diplôme universitaire. Seule l’obligation de représentation féminine échappe aux communes dont la population reste inférieure à 20 000 habitants.
Le texte électoral prévoit par ailleurs un assouplissement pour les wilayas issues du nouveau découpage. Les listes déposées sous l’étiquette d’un ou de plusieurs partis dans ces circonscriptions inédites seront dispensées de l’obligation de collecte de signatures, à condition de remplir l’une des deux conditions liées soit aux résultats obtenus par la formation politique concernée, soit à sa représentation antérieure au sein de la wilaya dont est issu le nouveau territoire. Ce scrutin local, le premier organisé depuis la refonte de la carte administrative du pays, s’annonce ainsi comme un test grandeur nature pour la nouvelle architecture territoriale du pays, autant que pour les formations politiques appelées à composer leurs listes dans des circonscriptions parfois totalement redessinées.
Hocine Fadheli

