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Lutte contre le terrorisme en Afrique : Tebboune appelle à une transformation radicale

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a appelé dimanche les dirigeants africains à opérer « une transformation radicale dans la manière de traiter les questions de paix et de sécurité » sur le continent, dans un message lu en son nom par le président du Conseil de la nation Azzouz Nasri devant les participants à la 21e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine réunie à Luanda pour traiter de la prévention et du règlement des conflits en Afrique.

S’exprimant en sa qualité de champion de l’Union africaine pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, le président de la République a d’abord dressé un constat sévère de la situation qui prévaut sur le continent. Il a estimé que ce rendez-vous offre à l’organisation panafricaine l’occasion d’engager cette transformation et d’abandonner des méthodes traditionnelles au profit d’une action « plus nécessaire et plus décisive ». Le Président Tebboune a situé cette session dans un contexte régional et international « préoccupant et complexe », marqué par la multiplication des foyers de tension, l’aggravation des conflits qui s’éternisent, l’intensification des guerres par procuration et des ingérences étrangères, ainsi que par le gel persistant du processus de décolonisation, qu’il considère comme déterminant pour la stabilité du continent.

Pour étayer ce constat, le message a mis en avant des chiffres alarmants. Le continent a enregistré au cours de la dernière décennie une hausse de 400 % des attaques terroristes et de 237 % des décès qui en résultent. L’Afrique concentre à elle seule près de 63 % des victimes du terrorisme dans le monde, la région du Sahel et du Sahara en supportant plus de 51 %. Le message évoque également la perte de plus de 17 000 vies africaines chaque année, soit une moyenne de 46 personnes tuées chaque jour. Face à ces chiffres, le président de la République a affirmé que l’Union africaine demeure « marginalisée et reléguée à des rôles secondaires » dans les processus de paix qui se déroulent pourtant sur son propre sol. Il a ajouté que le problème ne réside pas dans l’absence de textes ou de cadres institutionnels mais dans « l’incapacité de mise en œuvre et le recul de la volonté politique continentale ».

C’est au nom de l’attachement constant de l’Algérie aux causes africaines que le chef de l’État a soumis à l’assemblée une série de propositions. Il a d’abord plaidé pour un renforcement du dispositif de prévention « sans surcharger le continent de nouvelles structures », en misant plutôt sur la coordination entre les mécanismes existants, l’activation du système d’alerte précoce, le recours à l’outil d’évaluation des risques continentaux et le renforcement du rôle consultatif du Groupe des Sages, tout en réclamant l’opérationnalisation complète du Fonds pour la paix de l’Union africaine.

Le président de la République a ensuite insisté sur la nécessité pour l’Union africaine d’imposer sa présence sur le terrain face aux groupes terroristes et aux réseaux de criminalité organisée, à travers le déploiement réel des représentants spéciaux du président de la Commission, l’activation de la Force africaine en attente et une action plus soutenue du Groupe des Sages. Il a par ailleurs appelé à un retour aux fondamentaux, rappelant que « les bons offices des chefs d’État et de gouvernement demeurent l’instrument le plus efficace », et souhaitant que les sommets de l’Union deviennent des espaces réguliers de traitement des crises portés directement par les dirigeants eux-mêmes, « dans un esprit de fraternité et de solidarité africaines ».

Enfin, le message présidentiel a établi un lien étroit entre paix, développement et action humanitaire, affirmant qu’il ne peut y avoir « ni paix ni sécurité sans développement, ni sécurité stable sans réponse aux catastrophes humanitaires ». Le président Tebboune a appelé à orienter les ressources de l’Union vers des projets concrets ayant un impact direct sur la vie des citoyens africains, et à autonomiser les jeunes et les femmes, « piliers de notre présent et clé de notre avenir ».

Le président du Conseil de la nation Azzouz Nasri, qui représentait le chef de l’État à cette session tenue sous le thème du renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits, a par ailleurs rencontré en marge des travaux le vice-président du Zimbabwe Constantino Chiwenga, avec lequel il a évoqué le renforcement de l’action africaine commune et les relations bilatérales entre les deux pays.Noté.

Salim Amokrane

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