Culture

Mascara : L’œuvre du cheikh M’barek El Mili au cœur d’une rencontre consacrée à la mémoire nationale

La bibliothèque principale de lecture publique Dr Yahia Bouaziz de Mascara a abrité samedi une rencontre dédiée à l’itinéraire intellectuel du cheikh et historien M’barek El Mili, où universitaires et chercheurs ont mis en avant l’ampleur de son apport à l’écriture de l’histoire nationale algérienne. Prenant la parole devant un auditoire composé d’enseignants, de chercheurs et d’hommes de lettres, le professeur Reguig Kada de l’université Mustapha Stambouli de Mascara a rappelé que la question historique tenait une place centrale dans l’œuvre du cheikh El Mili. Ce dernier avait très tôt mesuré les dangers que faisaient peser les écrits produits par la colonisation française sur la mémoire du pays, des écrits qui cherchaient à falsifier le récit national et à dissoudre l’identité algérienne. Face à ce péril, il s’était donné pour tâche de bâtir une écriture historique rigoureuse, appuyée sur des sources arabes et islamiques ainsi que sur d’anciens documents, loin des approches biaisées de l’historiographie coloniale.

Le professeur Sofiane El Akkeb, également de l’université de Mascara, s’est pour sa part attardé sur l’ouvrage Histoire de l’Algérie dans l’Antiquité et à l’époque moderne, qu’il considère comme allant bien au-delà d’un simple récit chronologique. Selon lui, le cheikh El Mili y a posé les fondements de l’idée de nation algérienne, en donnant à voir la profondeur de ses racines historiques et civilisationnelles. Ce travail, a-t-il ajouté, demeure aujourd’hui une référence incontournable pour quiconque s’intéresse à l’histoire ancienne et moderne du pays. De son côté, le chercheur Djebbar Mohamed El Amine, spécialiste de l’histoire des grandes figures algériennes, a élargi le propos en soulignant que la contribution scientifique du cheikh El Mili ne se limitait pas à l’écriture de l’histoire. Elle touchait également à la réforme religieuse, à l’éducation, à la culture et à la presse. Le chercheur a insisté sur l’engagement de cette figure qui a mis son savoir et sa réflexion au service de sa société, tout en participant activement à la défense de l’identité nationale durant les années de colonisation.

Djebbar Mohamed El Amine a estimé que le cheikh El Mili avait laissé une empreinte durable dans la vie scientifique et culturelle algérienne. Ses écrits ont contribué, selon lui, à former toute une génération de chercheurs et d’intellectuels qui ont poursuivi son travail de mise en valeur de la profondeur historique et civilisationnelle de l’Algérie. Cette rencontre a été initiée par le club Beit El Hikma, structure vouée à la pensée, à la littérature et aux arts et rattachée à la bibliothèque Dr Yahia Bouaziz. Elle a rassemblé des enseignants et des chercheurs de l’université Mustapha Stambouli de Mascara, aux côtés d’écrivains, de poètes et d’intellectuels de la wilaya, venus rendre hommage à l’un des bâtisseurs de la mémoire historique algérienne.

Mohand Seghir

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