Le président Tebboune prend des mesures fermes après les incendies : Place à la reconstruction
Au lendemain des incendies qui ont endeuillé plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays, l’Algérie a choisi de répondre par l’unité, la solidarité et par la reconstruction et la réparation rapide de ce qui a été détruit par les flammes. Indemnisation intégrale des sinistrés, relogement immédiat, réseaux vitaux rétablis avant le 5 septembre, nouvelles normes de construction en zones forestières, le président Abdelmadjid Tebboune a fixé un cap précis et des délais serrés, porté par un message de résilience assumé, celui d’un pays qui, une fois encore, entend se relever de l’épreuve pour repartir de l’avant.
Reconstruire vite, indemniser sans exception et remettre l’Algérie debout. C’est le fil conducteur de la réunion présidée dimanche par Abdelmadjid Tebboune au siège de la Présidence de la République, consacrée à la prise en charge des conséquences des incendies qui ont frappé plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays. Au-delà de l’émotion et des annonces sécuritaires qui ont suivi, c’est un plan de reconstruction d’ensemble que le chef de l’Etat a mis sur la table, avec des échéances resserrées et un principe simple, celui d’une prise en charge totale, sans distinction de nature ni d’ampleur des pertes.
Sur l’indemnisation, précisément, le président a voulu couper court à toute ambiguïté. Il a annoncé la mise en place de commissions chargées du recensement et de l’inventaire des dégâts pour déterminer l’ampleur exacte des pertes, ordonnant à l’ensemble des secteurs de redoubler d’efforts et de mobiliser tous les moyens nécessaires afin de garantir le bon déroulement de cette évaluation. Il a précisé que le ministère des Finances travaillait déjà à fixer les modalités de la formule d’indemnisation, s’engageant à ce que les sinistrés soient couverts pour tout ce qu’ils ont perdu, quelle que soit la nature de ces pertes, habitations, biens, cultures ou cheptel. Un engagement que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a traduit dès le lendemain en échéance ferme, fixant au 15 septembre l’achèvement de cette opération et martelant devant les walis que l’Etat dispose de tous les moyens matériels, humains et logistiques pour assumer seul l’ensemble de ces charges.
Le relogement constitue le second pilier de ce dispositif. Le président a enjoint au ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire de prendre, en coordination avec les walis, toutes les mesures nécessaires pour entamer immédiatement l’opération de relogement des sinistrés, afin de permettre un retour à la vie normale dans les meilleurs délais. Il a également ordonné que des études spécifiques soient menées par des experts sur les normes de réalisation des logements en zones forestières, pour mieux protéger les citoyens contre de futurs départs de feu, une orientation reprise dès le lendemain par le gouvernement à travers l’ouverture d’un groupe de travail chargé de préparer un texte de loi sur ces nouvelles normes de construction.
Sur le rétablissement des services essentiels, le président a fixé un cap précis, au plus tard samedi prochain, la réparation des réseaux d’eau potable, de gaz et d’électricité, ainsi que du réseau de télécommunications, sera prise en charge, afin de garantir le retour des citoyens à leurs logements en tout confort et sécurité. Une échéance que les ministres des Ressources en eau, de l’Energie et des Travaux publics ont été sommés de respecter scrupuleusement, selon les instructions relayées lors de la réunion gouvernementale du lendemain.
C’est cependant dans le registre du sursaut national que le message présidentiel prend tout son relief. Face à des feux dont il a lui-même relevé le caractère suspect, notamment ceux déclenchés à une heure du matin et propagés rapidement en l’absence de vent, Tebboune a choisi de ne pas s’arrêter au constat. « Il est vrai que nous sommes éprouvés par la perte de nos concitoyennes et concitoyens, mais cela ne nous découragera pas », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que quiconque pense que l’Algérie échouera se trompe, elle qui est connue pour ses sacrifices et que nul ne peut faire plier. Il a ainsi souligné que l’Algérie « est un Phoenix qui renaît de ses cendres ». Une manière, pour le chef de l’Etat, de poser la reconstruction moins comme une simple réparation matérielle que la traduction de la capacité du pays à se redresser après l’épreuve, dans la continuité d’une histoire nationale marquée par les sacrifices et les relèvements successifs.
Le président a d’ailleurs élargi cette lecture au-delà du seul dossier des incendies, soulignant que l’enjeu est désormais de faire face à tous ceux qui tentent d’affaiblir l’Algérie et de porter atteinte à son unité, avant d’assurer que le pays est capable de surmonter toutes les épreuves et les circonstances. Un discours de résilience qui a trouvé un prolongement concret dès le lendemain, lorsque le Premier ministre a salué l’élan de solidarité des Algériens, de l’intérieur comme de la diaspora, mobilisés en soutien aux wilayas sinistrées.
C’est enfin sur le terrain judiciaire que le chef de l’Etat a voulu marquer les esprits, en ordonnant au ministre de la Justice de modifier le Code pénal avant le 15 septembre afin de réinstaurer la peine de mort, avec exécution, contre les individus impliqués dans des incendies volontaires, après épuisement de toutes les voies de recours garanties par la loi. Le texte doit être soumis au gouvernement dès cette semaine avant sa transmission à l’Assemblée populaire nationale. « Celui qui pense que la loi ne sera pas appliquée doit savoir que la société et la justice lui demanderont des comptes », a averti le président, qui a révélé que des arrestations avaient déjà eu lieu parmi les personnes soupçonnées d’avoir déclenché ces feux.
Hocine Fadheli

