Annaba : La citadelle hafside, un joyau en pleine renaissance
Une nouvelle place publique aménagée aux abords de la citadelle hafside d’Annaba a été inaugurée la semaine écoulée. Au-delà de cet espace désormais ouvert aux familles et aux visiteurs, cette réalisation marque une nouvelle étape dans la volonté de redonner vie à l’un des monuments historiques majeurs de la Coquette, dont la restauration vient d’être relancée après plusieurs années de gel.
La citadelle hafside s’offre désormais un nouvel écrin. Implantée sur les hauteurs dominant le centre-ville, la nouvelle place aménagée à proximité immédiate du monument a été inaugurée par le wali d’Annaba, Abdelkrim Lamouri. Équipée de kiosques, de bancs publics et d’espaces de repos, elle est destinée à offrir un lieu de détente aux familles et aux visiteurs tout en améliorant l’environnement immédiat de la citadelle. L’intérêt de cette réalisation dépasse toutefois l’aménagement d’un simple espace public. Par sa position, offrant une vue panoramique sur Annaba et jouxtant l’un des principaux témoins de son histoire, cette place peut contribuer à replacer progressivement la citadelle dans la vie urbaine, culturelle et touristique de la ville. Elle intervient surtout dans un contexte marqué par un regain d’attention des pouvoirs publics pour ce patrimoine longtemps confronté à la dégradation et à l’abandon. Classée monument historique en 1978, avec le fort des Suppliciés et les vestiges du rempart de la ville, la citadelle figure officiellement parmi les biens culturels protégés d’Annaba. Son histoire remonte à la période hafside et son architecture porte également les traces des différentes périodes qui ont marqué Bouna. Transformée au fil des siècles en ouvrage défensif, puis profondément remaniée durant la période coloniale, elle constitue aujourd’hui un témoignage exceptionnel des différentes strates historiques de la cité. Mais la nouvelle place n’est que la partie visible d’une démarche plus ambitieuse. En avril dernier, lors de sa visite à Annaba, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, avait annoncé la relance du projet de réhabilitation de la citadelle, restée gelée pendant plusieurs années. Des mesures d’urgence avaient notamment été annoncées pour les remparts endommagés, parallèlement au lancement de recherches archéologiques en coordination avec l’Université d’Annaba et les structures spécialisées, afin de mieux documenter les différentes périodes historiques du site. Cette relance intervient alors que la politique de valorisation du patrimoine annabi connaît une dynamique plus large. Le réaménagement de la route menant à la citadelle fait également partie des opérations suivies par les autorités locales, avec l’objectif de faciliter l’accès au monument et de renforcer son intégration dans les circuits de découverte de la ville. Parallèlement, d’autres opérations de sauvegarde sont engagées dans la Médina (vieille ville), notamment la restauration de plusieurs demeures anciennes, confirmant la volonté de préserver les différents témoignages du passé architectural d’Annaba. La citadelle présente, à cet égard, un potentiel particulier. Son emplacement dominant la ville lui confère une valeur paysagère exceptionnelle, tandis que son histoire, marquée par les périodes hafside, ottomane et coloniale, lui donne une dimension patrimoniale susceptible de renforcer l’offre culturelle et touristique de la wilaya. L’inauguration de ce lieu revêt une portée hautement symbolique pour l’histoire d’Annaba. Elle établit un lien entre la mémoire nationale et la préservation du patrimoine historique. La nouvelle place devient ainsi un espace où mémoire, vie urbaine et attractivité touristique peuvent progressivement se rejoindre. L’enjeu est désormais de poursuivre cette dynamique et de faire en sorte que l’aménagement des abords accompagne réellement la restauration du monument lui-même. Car une citadelle ne se résume pas à ses murailles, elle raconte une ville, ses époques et ses transformations. Lui rendre son éclat, c’est donc aussi redonner aux Annabis et aux visiteurs l’accès à une part essentielle de l’histoire de Bouna.
Sofia Chahine

