Monde

Moyen-Orient : Grave escalade militaire entre Washington et Téhéran

La confrontation militaire entre les États-Unis et l’Iran a connu mercredi une escalade spectaculaire, menaçant d’élargir un conflit ouvert depuis plus de six mois. Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir frappé par missiles balistiques une base militaire utilisée par les forces américaines en Jordanie et visé une dizaine de navires, en riposte à la destruction, revendiquée par Washington, de cinq pétroliers iraniens. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir détruit, le 8 septembre, cinq navires transportant du brut iranien, le Kaviz, le Charminar, l’Horizon, le Riesco et le Derya , présentant cette opération comme une réponse à deux tirs de missiles balistiques des Gardiens de la révolution contre un bâtiment de l’US Navy au cours des deux jours précédents. Selon le Centcom, ce navire américain a « déjoué » les attaques et aucun militaire n’a été blessé ; les équipages des pétroliers auraient été sommés d’évacuer avant les frappes. Interrogé par des journalistes en Colombie, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a averti que l’Iran « continue ses tentatives de cibler les navires de guerre américains », ajoutant qu’à chaque tentative, Téhéran « perdra des pétroliers ».

En réponse, les Gardiens de la révolution ont annoncé, dans un communiqué relayé par l’agence officielle Irna, avoir attaqué deux navires américains, huit pétroliers et dix autres bâtiments dans le Golfe, ainsi qu’une base américaine près d’Al-Azraq, en Jordanie, affirmant avoir endommagé des zones de déploiement d’avions de chasse F-35, F-16 et F-15. L’armée jordanienne a fait état de vingt missiles tirés, dont dix-huit interceptés. Téhéran a averti qu’il « poursuivra sa riposte » en cas de nouvelles atteintes à ses intérêts, tout en assurant que le conflit pourrait prendre fin si Washington cessait ses menaces et répondait à plusieurs demandes à savoir le retrait des forces israéliennes du Liban, la levée du blocus du Yémen, le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés et la non-ingérence dans ses capacités nucléaires et balistiques. Le ministère iranien des Affaires étrangères a de son côté dénoncé des actions américaines constituant une « menace manifeste pour la paix et la sécurité régionales et internationales », affirmant que les forces iraniennes avaient agi en « légitime défense ». Le Centcom a démenti mercredi toute atteinte à ses navires, qualifiant de « totalement fausses » les affirmations iraniennes selon lesquelles deux destroyers américains auraient été touchés. L’agence maritime britannique UKMTO a néanmoins signalé plusieurs navires en feu dans la région, sans pouvoir préciser à ce stade s’il y avait des victimes. Cette escalade a fait bondir les cours du pétrole, le baril de Brent dépassant les 100 dollars pour la première fois depuis fin juillet.

L.S.

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *