Disparition d’Elaine Mokhtefi : La militante anticolonialiste américaine, devenue Algérienne de cœur, s’est éteinte à 98 ans
La militante anticolonialiste américaine Elaine Mokhtefi, à qui le président Abdelmadjid Tebboune avait accordé la nationalité algérienne, est morte vendredi à New York. Elle avait consacré une partie essentielle de sa vie à la cause de la Révolution algérienne.
Elaine Klein Mokhtefi n’aura pas eu le temps de fêter, comme prévu en octobre à Alger, sa naturalisation algérienne décidée cet été par le président de la République. La militante américaine, figure discrète mais essentielle de la diplomatie du FLN à l’étranger, s’est éteinte vendredi dans un hôpital de New York, à l’âge de 97 ans. Sa disparition a été annoncée par le cinéaste Ahmed Bedjaoui, qui était resté en contact avec elle jusqu’à ses derniers jours et qui a évoqué, sur les réseaux sociaux, le décès de son « amie » quelques semaines seulement avant son retour tant attendu en Algérie. Née en 1928 à Hempstead, dans l’Etat de New York, au sein d’une famille d’origine juive, Elaine Klein découvre les réalités du colonialisme français en s’installant à Paris au début des années 1950, au contact de militants ouvriers algériens et africains. Son engagement prend une tournure décisive en 1958, lors de la conférence panafricaine des peuples à Accra, où elle fait la rencontre de Frantz Fanon et de Mohamed Sahnoun. De retour aux Etats-Unis, elle rejoint ce dernier à New York et intègre, dès 1960, le bureau du Gouvernement provisoire de la République algérienne et du FLN, où elle œuvre aux côtés d’Abdelkader Chanderli et de M’hamed Yazid pour faire connaître la cause algérienne à l’opinion américaine.
C’est également elle qui veille sur Frantz Fanon lors de son hospitalisation aux Etats-Unis en 1961, quelques mois avant sa mort et avant l’indépendance de l’Algérie. Dès 1962, elle choisit de s’installer à Alger, où elle vivra douze années decisives. Journaliste à l’Algérie Presse Service, elle participe en 1969 à l’organisation du premier Festival panafricain et se charge de l’accueil de représentants de mouvements de libération venus du Mozambique, d’Angola ou d’Afrique du Sud, avant de jouer un rôle clé dans l’installation à Alger de la section internationale des Black Panthers, dont elle devient l’interprète et l’intermédiaire auprès des autorités algériennes.
En 1972, elle épouse Mokhtar Mokhtefi, ancien membre de l’Armée de libération nationale, avant de quitter Alger deux ans plus tard pour Paris puis New York. L’Algérie ne la quittera cependant jamais tout à fait. En 2018, elle publie ses mémoires aux Etats-Unis, traduites l’année suivante en français sous le titre « Alger, capitale de la révolution, de Fanon aux Black Panthers », un ouvrage également édité en Algérie. Sa naturalisation, décidée cet été par le président Tebboune, devait consacrer un attachement qu’elle n’avait, selon ses proches, jamais cessé de porter comme une seconde identité.
Massinissa Raïs
Décès du Moudjahid M’hand Yakourene
Le moudjahid et officier de l’Armée de libération nationale (ALN), M’hand Ameur, connu sous le nom de guerre « M’hand Yakouren », est décédé vendredi soir, a-t-on appris samedi auprès de la direction locale des Moudjahidine et des Ayants-droit de la wilaya de Tizi Ouzou. Figure emblématique de la Révolution et cadre de la Nation, le défunt, qui résidait dans la commune de Yakouren, a consacré sa vie à la lutte de libération nationale puis à l’édification du pays. Ancien commandant et officier de l’ALN, il était chef de bataillon de la Wilaya III historique. Suite à cette douloureuse épreuve, le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, M. Abdelmalek Tacherift, a adressé un message de condoléances à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la famille révolutionnaire. Dans son message, le ministre a exprimé ses sentiments de compassion les plus attristés, priant Allah Tout-Puissant d’accorder au défunt Sa sainte miséricorde, de l’accueillir en Son vaste paradis aux côtés des chouhada et des justes, et de prêter patience et réconfort à ses proches.
APS

