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Le projet de ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset s’accélère : Les rails de l’avenir

L’étude préliminaire du tracé du projet de ligne ferroviaire reliant Tamanrasset à In-Guezzam a été présentée mercredi à Tamanrasset, lors d’une séance de travail présidée par le wali Mohamed Boudraa, en présence des directeurs des secteurs concernés et des cadres de la wilaya. Cette étape franchit un nouveau jalon dans la concrétisation d’un chantier ferroviaire d’ampleur appelé, à terme, à relier Alger à l’extrême Sud du pays, un projet que responsables et universitaires interrogés par l’APS qualifient de stratégique pour l’avenir économique et social des régions sahariennes. Lors de la rencontre tenue au siège de la wilaya, les représentants de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires ont exposé les différentes composantes du projet, en présence de la consultante technique et chef de département des études de l’Agence, Cherifa Taghemout, ainsi que des cadres de l’agence et des services concernés. La présentation a porté sur les objectifs du tracé reliant Tamanrasset à In-Guezzam, long de plus de 400 kilomètres, et sur ses retombées attendues en matière de renforcement du réseau de transport, d’amélioration des liaisons régionales et de facilitation de la circulation des personnes et des marchandises. Des propositions techniques relatives au tracé retenu ont été discutées, tout comme les données de terrain nécessaires à la détermination du parcours optimal. Les représentants des secteurs présents ont formulé leurs observations, une contribution qui doit permettre d’enrichir l’étude préliminaire avant sa finalisation, en tenant compte des spécificités sectorielles et géographiques de la région.

Un maillon d’un vaste réseau national

Ce tronçon s’inscrit dans un ensemble plus large, celui de la ligne ferroviaire devant relier le Nord du pays à Tamanrasset en passant par Laghouat, Ghardaïa, El-Meniaa et In-Salah. Un tracé que le Pr Rabah Kchiched, enseignant-chercheur à l’université d’Ouargla, présente comme « un vecteur d’intégration économique et de consolidation de la souveraineté logistique », appelé selon lui à « insuffler une dynamique économique sans précédent à l’échelle du Sud du pays ». « Le transport ferroviaire constitue assurément l’artère de la croissance économique et de la cohésion sociale », affirme le Pr Kchiched, qui voit dans cette infrastructure un outil appelé à faciliter le transport des ressources minières que recèle la région de l’Ahaggar. L’universitaire estime que le projet « s’intègre parfaitement dans la stratégie nationale d’attractivité territoriale de valorisation des potentialités économiques, agricoles et énergétiques des régions traversées », et qu’il devrait générer « des milliers de postes de travail durant la phase de chantier et lors de l’exploitation commerciale ».

Même son de cloche du côté du doyen de la faculté des sciences appliquées de l’université d’Ouargla, le Pr Abdelhamid Kriker, pour qui ce projet représente « un acquis stratégique pour le Sud ». Il met en avant son rôle attendu « dans la consolidation de la dynamique économique et sociale » et « la facilitation de la mobilité des personnes et des marchandises », tout en ouvrant selon lui « de nouvelles perspectives d’investissement et d’appui à l’activité universitaire et scientifique », en reliant l’université à son environnement économique. L’ingénieure Manel Bouazza décrit pour sa part cette ligne comme « un apport qualitatif à l’infrastructure du Sud ». Elle évoque l’amélioration des moyens de transport, la facilitation de la circulation des personnes et des biens, ainsi que « l’accompagnement des projets de développement et la consolidation de l’attractivité de la région en matière d’investissement ». De son côté, Dr Rouane Bouhafs, enseignante à la faculté des sciences économiques et des sciences de la gestion à l’université de Ghardaïa, souligne que le projet « ouvrira de larges perspectives économiques » en contribuant à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes et en renforçant les échanges économiques. Elle y voit également un moyen de « consolider l’ancrage africain de l’Algérie » et de favoriser les exportations hors hydrocarbures.

À El-Meniaa, des acteurs économiques considèrent ce projet comme un moyen de donner une forte impulsion à l’investissement, notamment agricole, grâce à la facilitation du transport des produits vers les différentes wilayas et à la jonction des zones de production aux marchés nationaux et aux ports. De quoi renforcer les possibilités de commercialisation et d’exportation, tout en facilitant le transport des intrants et équipements liés aux activités agricoles et industrielles. Des citoyens ont également exprimé leur satisfaction de voir ce projet avancer, le décrivant comme « un acquis stratégique longtemps attendu », au regard des facilitations qu’il devrait apporter en matière de transport des voyageurs et des marchandises, et de sa contribution à la redynamisation du mouvement commercial, économique et touristique.

Samir Benisid

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