Guichet unique de l’investissement, foncier et spécialisation des ports : Tebboune accélère la relance économique
Le président de la République, Abdelmadjid Tebbounea réunion mercredi plusieurs membres de l’Exécutif dans l’objectif d’activer deux leviers majeurs de la relance économique à savoir le guichet unique de l’investissement, dont la mise en service est exigée avant fin septembre, et la spécialisation des ports, avec Mostaganem désormais réservé aux importations publiques. Une accélération assumée, à une année de l’échéance 2027 fixée par Abdelmadjid Tebboune pour hisser l’Algérie parmi les économies émergentes.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé mercredi au siège de la Présidence une réunion de travail consacrée au secteur de l’investissement et à l’activation du guichet unique, donnant des instructions fermes pour la mise en service effective de ce dispositif avant la fin du mois de septembre, selon un communiqué de la Présidence de la République.
Cette réunion s’inscrit dans une séquence particulièrement dense pour l’exécutif depuis la rentrée. Le chef de l’État a en effet présidé, dimanche 6 septembre, une réunion du Conseil des ministres, avant de consacrer, lundi, une séance de travail à la lutte contre la fraude aux importations, puis, mardi, une réunion dédiée à la mise en place de la prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants. La réunion de mercredi sur l’investissement et le guichet unique vient ainsi clore une semaine de travail intense, où se sont enchaînés, jour après jour, les dossiers économiques et sécuritaires qui traduisent le volontarisme du Président Tebboune à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. Un volontarisme qui se traduit par un suivi personnel des dossiers stratégiques et la contrôle d’une application strictes des instructions et orientations par l’Exécutif. Cette dernière réunion s’inscrit ainsi dans la volonté d’accélérer la relance économique dans l’optique d’atteindre, à l’horizon 2027, un produit intérieur brut dépassant les 400 milliards de dollars et l’entrée de l’Algérie dans le club des pays émergents.
Selon le communiqué de la Présidence, « le président de la République a donné des instructions fermes pour la mise en service effective du guichet unique avant la fin de ce mois de septembre, parallèlement au lancement immédiat d’une opération de recensement général du foncier industriel à travers le pays ». Une décision qui vient concrétiser un chantier ouvert de longue date. Présenté par le chef de l’État comme « la solution radicale » au problème du foncier destiné à l’investissement, ce guichet avait déjà fait l’objet d’un décret présidentiel et d’une journée d’information organisée en mai dernier par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), sous le slogan « De l’idée à la concrétisation ».
Le président de la République a également enjoint, ajoute la même source, « d’accélérer la numérisation de l’ensemble des opérations d’investissement, en coordination avec les secteurs concernés, notamment les services des Impôts, du Domaine national et des Douanes ». Cette orientation s’inscrit dans le prolongement de la Stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030. Une numérisation qui se fixe l’objectif clair de contribuer à la moralisation de la vie publique, l’assainissement de la sphère économique et la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.
Le port de Mostaganem, plateforme dédiée aux entreprises publiques
Autre décision de taille annoncée à l’issue de cette réunion celle relative à la réorganisation et la spécialisation des ports du pays. Le communiqué de la Présidence précise que « le président de la République a, par ailleurs, décidé la réorganisation et la spécialisation des ports, le Port de Mostaganem ayant été, dans ce cadre, exclusivement dédié aux opérations d’importation effectuées par les entreprises et compagnies publiques ».
Ce choix n’est pas anodin. Porte d’entrée historique du secteur sidérurgique et agroalimentaire dans l’ouest du pays, le port de Mostaganem a vu son activité commerciale bondir de 51 % au premier semestre 2025, portée par une hausse de 185 % de ses exportations et de 32 % de ses importations, selon un bilan de l’entreprise portuaire, qui avait mis en avant l’adoption d’un système de travail continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En le dédiant exclusivement aux importations publiques, l’exécutif entend clarifier les circuits d’approvisionnement des entreprises et compagnies publiques, désengorger les autres ports du pays et renforcer la traçabilité des opérations d’importation, un enjeu de taille alors que le gouvernement s’efforce, depuis plusieurs mois, de mieux encadrer la facture des importations et de préserver les réserves de change. Cette démarche s’inscrit également dans une démarche globale poursuivant le double objectif de fluidifier les flux logistiques au niveau des ports algériens, tout en inscrivant l’Algérie dans les chaînes de valeur mondiales. C’est dans le contexte que le Port d’Annaba par exemple est appelé à devenir un grand port minéralier phosphatier, ou encore le Port de Djedjen spécialisé dans les gros tonnages et appelé à jouer le rôle de grand hub portuaire méditerranéen.
Cette volonté d’accélérer la cadence des réformes s’est traduite par la mobilisation de l’essentiel de l’appareil économique de l’État à la réunion de mercredi. Y ont pris part, précise le communiqué de la Présidence, « le Premier ministre, le Secrétaire général de la Présidence de la République, le ministre des Finances, le conseiller du président de la République chargé de la Direction générale de la communication, le ministre de l’Industrie, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, la ministre Haut-commissaire à la numérisation, le Directeur général des Douanes et le Directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement ».
En resserrant les délais, fin septembre pour le guichet unique, recensement immédiat du foncier industriel, numérisation accélérée des procédures et spécialisation portuaire, le président de la République confirme sa volonté d’imprimer un rythme soutenu à la réforme de l’investissement, à une année de l’échéance de 2027 qu’il s’est lui-même fixée pour hisser l’Algérie parmi les économies émergentes. Une course contre la montre qui mobilise désormais, dans une même dynamique, les leviers économiques et administratifs de l’État.
Amar Malki

