Sahara occidental : L’ONU appelée à sanctuariser les ressources naturelles sahraouies
L’Observatoire international de surveillance des ressources naturelles du Sahara occidental (WSRW) a exhorté l’Organisation des Nations unies à intégrer pleinement la question des ressources naturelles dans le processus politique onusien, en plaidant pour la mise en place d’un mécanisme concret destiné à préserver leur valeur dans l’attente d’un règlement conforme au droit international, a indiqué l’ONG basée à Londres. Dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU et aux membres du Conseil de sécurité, à quelques semaines du prochain rapport du chef de l’organisation onusienne et du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), WSRW propose une solution concrète pour rompre avec la logique actuelle. « Plutôt que de laisser les revenus tirés des ressources continuer à circuler comme si le statut du territoire était déjà réglé, WSRW propose que ces recettes soient versées dans un mécanisme de dépôt fiduciaire ou de fonds en attente, géré de manière transparente et distincte », préconise l’organisation. L’ONG justifie cette démarche par la nécessité d’ôter à l’occupation marocaine tout avantage financier tiré du statu quo. « Un mécanisme préservant ces revenus dans l’attente d’un règlement légal pourrait contribuer à garantir que la poursuite de l’exploitation des ressources du Sahara occidental ne rende pas le statu quo financièrement plus avantageux que la conclusion d’un accord », fait-elle valoir.
Au-delà de ce mécanisme financier, WSRW demande à l’ONU de rendre compte de façon systématique de l’ampleur, de la propriété, de la destination et de la valeur des activités économiques adossées aux ressources du territoire non autonome. L’organisation exige également que l’ONU agisse pour mettre fin au refus persistant opposé par l’occupant marocain à l’accès du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme au territoire. Pour WSRW, il ne s’agit en rien d’une préoccupation annexe au processus de paix engagé sous l’égide des Nations unies. « Les ressources naturelles ne constituent donc pas une question périphérique au processus de paix. Elles font partie intégrante des conditions dans lesquelles l’autodétermination devra, à terme, s’exercer », insiste l’ONG, qui rappelle à l’Organisation sa responsabilité historique dans ce dossier.
Selon WSRW, l’ONU se doit de veiller à ce que la transformation économique imposée au territoire par la puissance occupante ne vienne pas restreindre, pas à pas, les choix qui devront rester ouverts à la population sahraouie au moment de l’exercice de son droit à l’autodétermination. L’organisation met en garde contre le risque de voir un futur règlement politique se heurter à des réalités de terrain rendues irréversibles par la poursuite de l’exploitation économique du territoire. L’ONG appelle enfin l’Organisation des Nations unies à se saisir frontalement de la question du pillage des ressources naturelles du Sahara occidental, un dossier qu’elle documente depuis des années à travers ses rapports sur les activités économiques liées au phosphate, à la pêche, à l’agriculture et aux énergies renouvelables menées sur ce territoire toujours inscrit sur la liste onusienne des territoires non autonomes. Pour WSRW, l’enjeu est désormais d’empêcher que cette exploitation continue ne devienne un obstacle supplémentaire, et plus difficile encore à surmonter, sur la voie de l’autodétermination du peuple sahraoui.
R.I.

