15.000 visiteurs au Palais Ahmed Bey : Une vitrine du patrimoine ottoman à Constantine
Le Palais Ahmed Bey ne désemplit pas. L’établissement muséal, installé dans l’ancienne demeure du dernier bey de Constantine, a enregistré près de 15.000 visiteurs entre janvier et juin 2026, selon des données communiquées mercredi par la direction du musée à l’agence APS. Cette affluence confirme une tendance haussière amorcée depuis plusieurs saisons et place le monument parmi les destinations culturelles les plus prisées de l’est du pays. La cheffe du département de la conservation, de l’inventaire et de la restauration du musée, Nour El Houda Chergui, a expliqué à l’APS que ces chiffres traduisent un engouement grandissant pour le site, qui s’impose progressivement comme un point de passage incontournable pour les visiteurs algériens et étrangers en quête de patrimoine. Elle a évoqué une progression sensible par rapport aux années précédentes, qu’elle attribue au travail mené en continu par les équipes du palais, en lien avec les autorités locales ainsi qu’avec les partenaires culturels et touristiques, afin d’améliorer l’accueil du public et de mieux faire rayonner le patrimoine national à l’échelle internationale.
Les comparaisons chiffrées donnent la mesure de cette progression. Le premier semestre 2024 s’était soldé par 11.844 visiteurs. Un an plus tard, sur la même période, le palais avait franchi la barre des 13.626 entrées. Le cap des 15.000 atteint cette année dessine donc une courbe ascendante régulière, portée par une fréquentation diversifiée.
Le public qui arpente les salles du palais est en effet loin d’être uniforme. Étudiants universitaires venus étudier l’architecture ottomane, passionnés d’histoire, mais aussi créateurs de contenu numérique en quête de décors singuliers pour leurs publications, composent l’essentiel des visiteurs. La dimension internationale n’est pas en reste, puisque Constantine reçoit des touristes originaires des États-Unis, d’Italie, de Chine, de Pologne, de Grèce, d’Australie, de Russie, du Canada, du Japon et de Jordanie. D’après la même source, ces visiteurs étrangers portent un intérêt marqué à l’architecture du palais et à ses fresques murales retraçant le voyage d’Ahmed Bey vers les Lieux Saints, des œuvres qui donnent à voir les itinéraires culturels et historiques de la cité du Rocher. Les plus jeunes ne sont pas oubliés dans cette dynamique. Les sorties scolaires occupent une place particulière dans le programme du musée. Les écoliers y sont accueillis par des équipes qui les revêtent de tenues traditionnelles et leur permettent de garder un souvenir photographique dans l’espace dénommé Dar Arab, une reconstitution grandeur nature d’une demeure constantinoise d’antan.
Le palais reçoit également son lot de délégations officielles et de chercheurs universitaires, davantage tournés vers l’étude technique des matériaux et des savoir-faire ancestraux, à l’image du zellige, du bois sculpté ou encore des fresques murales qui ornent les murs du bâtiment. Une autre catégorie de visiteurs mérite d’être signalée, celle des personnes âgées, pour qui la visite du site revêt une dimension particulière, celle de renouer avec une mémoire collective ancrée dans l’histoire de la ville. Entre patrimoine matériel, transmission pédagogique et rayonnement touristique, le Palais Ahmed Bey confirme, chiffres à l’appui, sa capacité à fédérer des publics aux profils multiples autour d’un même attachement à l’histoire ottomane de Constantine.
R.C.

