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Il avertit contre la pratique illégale de la médecine : Le ministère de la Santé déclare la guerre aux « apprentis sorciers »

Le ministère de la Santé a mis en garde, mercredi 16 septembre 2026, contre l’exercice d’activités médicales et thérapeutiques hors des établissements de santé et des structures légalement agréées, visant en particulier les formations et ateliers pratiques organisés dans des hôtels, des salles de conférences ou des espaces privés, souvent promus sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué diffusé par l’APS, le département du professeur Mohamed Seddik Ait Messaoudene, nommé à la tête du ministère de la Santé quelques jours plus tôt dans le cadre du nouveau gouvernement, rappelle une règle qu’aucun texte ne permet de contourner. « Aucune activité médicale ou thérapeutique ne peut être exercée en dehors des établissements de santé ou des structures agréées, conformément à la législation et au règlement en vigueur », souligne le ministère. Une manière de fermer la porte à tout argument tiré de la simple tolérance administrative ou de l’ignorance de la loi. Le communiqué dresse la liste des lieux concernés par cette interdiction. « Les hôtels, les structures touristiques, les salles de conférences et de formation, les espaces publics ou privés, ainsi que tout autre lieu non destiné ou non légalement autorisé à l’exercice d’activités de santé » sont expressément cités. Autant d’endroits devenus, ces dernières années, le théâtre discret de séances de formation qui mêlent théorie en ligne et travaux pratiques sur de vraies personnes.

Le ministère vise en particulier ces stages annoncés à grand renfort de publicité numérique, où l’on promet en quelques heures la maîtrise de gestes réservés aux professions médicales. Injections d’acide hyaluronique ou de toxine botulique, traitements au laser, pose d’implants dentaires, soins parodontaux, actes dermatologiques et esthétiques figurent parmi les pratiques enseignées « en présentiel » à des candidats souvent dépourvus de tout diplôme de santé. Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte où la frontière entre salon de beauté et cabinet médical s’est nettement brouillée en Algérie. Des coiffeuses, esthéticiennes et manucures se sont mises, ces dernières années, à proposer des actes qui relèvent pourtant strictement de la médecine, un glissement que des responsables ordinaux dénoncent depuis longtemps comme un marché noir parallèle et dangereux où coiffeuses, esthéticiennes, manucures, faux médecins et imposteurs alimentent une offre illégale de soins. En février dernier déjà, une affaire avait éclaboussé Oran, où une femme sans aucune qualification reconnue avait été arrêtée après avoir fait la promotion de ses prestations de « beauty care » sur TikTok, les autorités saisissant à cette occasion des équipements et produits médicaux jugés dangereux pour la santé publique.

Les risques que ces pratiques font courir aux citoyens ne relèvent pas de la simple précaution administrative. Des professionnels de santé rappellent régulièrement que les injections, le laser ou la cryothérapie engagent des responsabilités cliniques réelles dès lors qu’un geste dépasse la surface de la peau et que ces interventions doivent impérativement être réalisées par un médecin qualifié, sans aucune ambiguïté possible.

Face à cette dérive, le ministère de la Santé promet une riposte coordonnée. « Dans le cadre de son attachement permanent à protéger la santé des citoyens et de garantir leur sécurité, le ministère a affirmé qu’il prendra toutes les mesures et dispositions nécessaires, en coordination avec les secteurs concernés pour faire face à toute infraction, conformément à la législation et au règlement en vigueur », conclut le communiqué. Ce qui laisse présager des contrôles renforcés sur le terrain, à commencer par les salons qui continuent d’afficher, sans le dire ouvertement, des prestations à visée médicale.

Lyna Larbi

admin

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