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Ségolène Royal à AL24 News : Une algérophobie érigée en arme électorale à l’approche de 2027

L’ancienne ministre française de l’Écologie et présidente de l’Association France-Algérie a livré, mardi, une analyse sans détour du climat politique français à l’égard d’Alger, pointant du doigt une instrumentalisation grandissante des relations avec l’Algérie dans la perspective de la présidentielle française de 2027.

La présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal, a affirmé que l’hostilité envers l’Algérie s’est transformée en un véritable levier de campagne pour une frange de la classe politique française, alors que s’annonce l’échéance présidentielle de 2027. S’exprimant mardi dans l’émission C Show, diffusée sur la chaîne AL24News, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 a estimé que ce climat hostile ne se limite plus aux marges de l’échiquier politique français. Elle souligne que cette dynamique dépasse largement les rangs de l’extrême droite pour toucher un spectre politique bien plus étendu, dans un pays où, a-t-elle rappelé, les citoyens ont pourtant d’autres priorités que les querelles mémorielles. Sans mâcher ses mots, Mme Royal a mis en cause un ancien chef de gouvernement français, aujourd’hui sur les rangs pour la course à l’Élysée, (Edouard Phillipe NDLR) qu’elle accuse d’avoir rouvert le dossier sensible des accords bilatéraux de 1968 sans en assumer publiquement les tenants et les aboutissants. Une manœuvre qu’elle souligne comme un signe supplémentaire de cette dérive électoraliste.

Pour étayer son propos, la présidente de l’AFA a dressé un parallèle entre les obsessions identitaires de certains responsables et les véritables urgences du pays. « Ce n’est pas la chasse au foulard qui va faire baisser le prix de l’essence ou permettre d’éradiquer la pédo-criminalité », a-t-elle lancé en référence à la proposition du RN d’interdire le port du voile par les Musulmanes, moquant une fuite en avant.

Un bilan national « calamiteux » derrière la diversion

Elle met aussi en avant une stratégie de diversion qui vise avant tout à masquer l’échec de la gestion des affaires publiques par ceux-là mêmes qui ont exercé le pouvoir ces dernières années. Elle cite pêle-mêle l’aggravation de l’endettement public, le recul de la France dans les classements internationaux en matière d’éducation, ainsi que les tensions croissantes autour du système de santé et des retraites, fragilisés par des réformes contestées.

Cette accumulation de difficultés internes explique, selon l’analyse qu’elle en fait, le recours à des thématiques clivantes autour de l’Algérie, plus faciles à instrumentaliser électoralement que des réponses concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Au-delà du constat, Ségolène Royal a réaffirmé sa détermination à œuvrer pour un resserrement des liens entre les deux rives de la Méditerranée. Elle dit vouloir porter des partenariats renouvelés et pragmatiques entre Paris et Alger, en rupture avec les postures de confrontation. « Je ne laisserai pas faire cette instrumentalisation de l’algérophobie pendant la campagne électorale », a-t-elle martelé, entendant faire de cette question un combat personnel durant la course à la primaire socialiste.

Une rhétorique datée et héritée de la période coloniale

Interrogée sur les critiques venues de l’extrême droite, qui l’accusent régulièrement de complaisance envers Alger, elle a rétorqué que ses détracteurs restent prisonniers d’une vision datée, héritée d’une époque coloniale révolue, dans le seul but de glaner quelques suffrages. « Ils sont restés figés dans un passé néocolonial pour grappiller quelques voix, je ne sais pas lesquelles d’ailleurs », a-t-elle ironisé. Convaincue que l’avenir diplomatique de la France passe par un dialogue apaisé avec ses voisins du sud, l’ancienne ministre a insisté sur l’intérêt mutuel qu’auraient Paris et l’ensemble du Maghreb à consolider leurs relations, avec un prolongement naturel vers le continent africain. Elle a formé le vœu d’une diplomatie française qui renoncerait à s’immiscer dans les rivalités régionales pour privilégier, au contraire, un rôle de facilitateur entre pays voisins. Elle a également mis en avant le potentiel de coopération culturelle et éducative qui existe, selon elle, tout autour du bassin méditerranéen, un chantier qu’elle affirme vouloir porter dans les mois à venir.

En conclusion de son intervention, Mme Royal a tenu à souligner le poids stratégique de l’Algérie dans la région, soulignant que celle-ci est la porte d’accès incontournable vers le continent africain. Elle a jugé urgent de restaurer des relations bilatérales apaisées, promettant de s’y employer personnellement dans la perspective de l’échéance électorale de 2027.

Salim Amokrane

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