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Corruption : De lourdes peines pour 3 anciens présidents de la FAF

Huit ans de prison ferme pour Kheireddine Zetchi et Charaf-Eddine Amara, six ans pour Djahid Zefizef. Le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed, à Alger, a rendu ce mardi son verdict dans le procès des trois anciens présidents de la Fédération algérienne de football (FAF), en y ajoutant une amende d’un million de dinars pour chacun. Les trois hommes se sont succédé à la tête de l’instance entre 2017 et 2023, Zetchi d’abord, Amara ensuite, puis Zefizef. Dix-neuf personnes étaient poursuivies pour des malversations dans la gestion de l’argent de la fédération. Les anciens secrétaires généraux Mohamed Saad et Mounir Debichi, l’ancien directeur administratif Abdelghani Nekkache et l’ancien manager des Verts Amine Abdi écopent de trois ans ferme et d’un million de dinars d’amende chacun. Les autres prévenus, dont d’anciens membres du bureau fédéral, s’en tirent avec des peines de un à cinq ans. Le parquet avait pourtant réclamé dix ans contre chacun des trois anciens présidents.

Rappelons que le pôle pénal de Sidi M’hamed a ouvert une enquête le 1er juillet 2024 sur des soupçons de corruption visant des cadres gestionnaires de la fédération. Les investigations ont mis au jour des contrats signés en violation des procédures internes de passation des marchés, au profit de bénéficiaires privilégiés, notamment autour de l’organisation du CHAN 2023 et de la CAN des moins de 17 ans, ainsi qu’un accord conclu avec une agence de voyages tunisienne. Devant le juge, Zetchi avait répondu que cette agence était agréée par la FAF. Placé en détention provisoire en novembre 2024, il aura passé près de deux ans derrière les barreaux. Amara et Zefizef, eux, étaient poursuivis pour n’avoir ni résilié ces accords ni signalé les irrégularités alors qu’ils continuaient de produire leurs effets.

Le dossier a connu une longue série de rebondissements. Amara a été incarcéré le 21 décembre 2025 dans une autre affaire, celle de la gestion du groupe public Madar, et Zefizef a été placé en détention le 28 avril 2026 dans le dossier du groupe Agrolog. Le procès a lui-même été renvoyé à six reprises avant de s’ouvrir enfin. À la barre, les prévenus ont tous clamé leur innocence. Amara a même contesté l’origine des poursuites. « Quelques personnes dans le box des accusés sont visées », a-t-il affirmé.

Massinissa Raïs

admin

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