Le siège du Haut conseil de la diaspora scientifique inauguré à Alger : Contribuer à « hisser l’Algérie au rang des pays développés »
Les compétences algériennes établies à l’étranger ont désormais une adresse à Alger. Le siège du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger a été officiellement inauguré, lundi à Ben Aknoun, en concrétisation des engagements du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de bâtir des passerelles entre les scientifiques de la diaspora et ceux qui exercent dans le pays. La cérémonie a été présidée par le Secrétaire général de la Présidence, Abdallah Moundji, aux côtés du coordinateur du Conseil, le professeur Elias Zerhouni, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari. Pour M. Moundji, cette inauguration, qui coïncide avec les festivités du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution, « s’inscrit dans le cadre du parachèvement d’un processus institutionnel visant à mobiliser les compétences scientifiques nationales afin de contribuer au développement du pays ». Un processus qui est passé par un cadre juridique, puis par la création du Conseil via un décret présidentiel publié au Journal officiel, avant son installation officielle sous la supervision du chef de l’Etat. Le siège, a-t-il ajouté, permet de mobiliser « l’ensemble des moyens matériels et logistiques » nécessaires aux membres pour accomplir leurs missions.
Le professeur Zerhouni a remercié le président de la République d’avoir offert aux compétences établies à l’étranger « l’opportunité de mettre leurs expériences au service d’un projet visant à promouvoir le développement du pays ». Selon lui, « les scientifiques, chercheurs et experts algériens établis aux quatre coins du monde sont prêts à contribuer, aux côtés de leurs homologues établis dans le pays, pour hisser l’Algérie au rang des pays développés ». La feuille de route du Conseil reposera sur « la recherche scientifique, l’innovation et la proposition de diverses solutions », conformément aux priorités nationales. M. Baddari a insisté sur l’importance d’associer ces compétences au processus de développement national, un engagement du président de la République. Les activités du Conseil s’inscrivent, a-t-il dit, dans la vision de l’Algérie pour la période 2024-2029, selon des priorités socioéconomiques et technologiques. Plusieurs membres ont salué « l’importance majeure » de cette instance, y voyant une « concrétisation réelle des efforts de l’Etat », et ont affirmé leur disposition à transférer l’expertise acquise à l’étranger, notamment pour « le comblement du fossé technologique » et la transformation numérique du pays.
L’IA au service de l’enseignement virtuel
Le même jour, le professeur Zerhouni a donné un premier aperçu de ces priorités lors d’une rencontre scientifique à l’USTHB de Bab Ezzouar, consacrée aux défis de l’enseignement virtuel. Devant enseignants, chercheurs et étudiants, il a plaidé pour le recours à l’intelligence artificielle à travers des solutions conçues localement, estimant que l’enseignement connaît « une transformation fondamentale » dans le monde. L’enjeu, selon lui, est de passer des « méthodes traditionnelles fondées sur la transmission des connaissances à des modèles éducatifs favorisant l’apprentissage autonome et l’innovation ». Il a défendu le développement de logiciels open source s’appuyant sur les compétences nationales, avec hébergement des données sur le territoire, afin de « réduire la dépendance aux plateformes étrangères et de garantir la maîtrise et la mise à jour des informations ». Le Centre TIVES, basé au Pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah, travaille déjà à « développer des solutions technologiques nationales répondant aux besoins du système éducatif, selon le concept d’enseignement précis et personnalisé ». Une école doctorale dans ce domaine est en projet, et 20 doctorants ont déjà obtenu un financement. Le recteur de l’USTHB, Djamel Eddine Akretche, a annoncé la préparation d’un laboratoire spécialisé pour « renforcer le partenariat entre les chercheurs algériens à l’intérieur du pays et ceux établis à l’étranger ». Samir Benisid

