Construction d’une nouvelle République, relance économique et front social: Des engagements réitérés

Tebboune met les bouchées doubles. Depuis son retour d’Allemagne, le président de la République hâte le pas et bouscule les choses. Le nouveau gouvernement Djerad remanié est appelé à la rescousse. Le chef de l’Etat compte ainsi rattraper le retard accusé à la suite de la pandémie du coronavirus et de sa maladie qui aura duré un peu plus de deux mois. Au pas de charge, il entame chantier sur chantier et relance le train des réformes promis lors de sa campagne électorale pour la présidentielle de 2019 et réitéré lors de son discours d’investiture à la tête de la magistrature suprême. Après la révision de la Constitution, la dissolution de l’APN longtemps demandée par les algériens et notamment le Hirak, l’annonce d’élections législatives anticipées et le remaniement ministériel, Tebboune s’attelle à relancer l’appareil économique et entamer le premier tournant de la première année de son mandat présidentiel.  Tebboune qui réalise que le front social demeure « son » point faible  compte tenu du déficit accusé durant les deux décennies passées, ce qui  nécessite obligatoirement l’engagement d’un plus grand chantier de sa mission à la tête du pays s’engage à l’occasion du 65e  anniversaire de la création de l’UGTA dans une lettre lue, hier, en son nom par le premier ministre Abdelaziz Djerad en visite à Hassi R’mel de consolider le front social, d’abord en appelant les cols bleus à plus d’adhésion et au renforcement de la classe ouvrière impactée par la pandémie et qu’il s’engage à protéger. Abdelmadjid Tebboune qui ne semble pas aspirer à briguer un second mandat à la présidence de la République et compte d’ailleurs mettre le train sur rail et se retirer de la vie politique, est conscient que cette consolidation passerait forcement par la construction d’une Algérie nouvelle. Une Algérie républicaine qu’il va falloir instaurer en dépit des résistances, réitère solennellement son engagement en lançant ce «  Je répète ce que je vous ai dit l’année dernière à cette occasion, en renouvelant mon engagement avec vous de me dépêcher de construire une nouvelle République forte, sans corruption ni haine. » Clair dans sa démarche, Tebboune compte mettre les jalons de cette nouvelle République. D’abord en étant déterminé à poursuivre ses engagements pris devant les Algériens et sa volonté de construire « une nouvelle République forte, sans corruption ni haine ». Le président de la République affiche aussi sa volonté à lutter contre la gabegie et poursuivre les responsables impliqués dans des affaires de corruption. En s’attaquant à l’impunité qui a tant fait fuir les citoyens et les pousser à  tourner le dos aux pouvoirs publics dont ils n’ont plus confiance, Tebboune compte ainsi rétablir la confiance perdue. Il compte surtout moraliser la vie politique et l’assainir. Sa lutte féroce contre la bureaucratie, l’informel et les passes droits aura besoin cependant de socle populaire que le Président compte instaurer via des élections transparentes et préservées de l’influence de l’argent et des lobbys. La crise qui risque de pointer du nez susceptible de provenir au niveau du front social mis à dessein en ébullition et « encouragé » par certaines parties hostiles au changement demeure le principal chantier auquel doit s’attaquer imminement le chef de l’Etat passerait, lui, par des mécanismes économiques et une solidarité nationale. Economiquement, Tebboune promet, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures que « (…) Nos enjeux majeurs aujourd’hui sont d’élargir et de développer la recherche et l’exploration, de respecter les engagements vis-à-vis des marchés étrangers et d’accompagner les évolutions dans le sens de la transition énergétique pour renforcer notre sécurité dans ce domaine ». Tebboune reste « (…) convaincu que les perspectives sont prometteuses grâce à l’équilibre d’expertise et d’expérience et au recrutement des cadres du secteur pour traduire la stratégie visant à renouveler nos réserves pétrolières et gazières, et à développer des projets industriels transformationnels ». Il promet d’augmenter « les investissements dans des secteurs vitaux tels que l’agriculture et le tourisme pour sortir efficacement d’une dépendance de longue date à la rente pétrolière et gazière ». Un double virage en comptant celui du passage par la transition énergétique qui ouvrira probablement des horizons nouveaux et libérera les compétences et laissera surgir le potentiel  en termes de ressources humaines et d’intelligentsia. Tebboune marque d’ailleurs son assurance en un avenir radieux déclarant que «cette volonté nationale triomphera et notre fier peuple réalisera ce qu’il recherche ».

Azzedine Belferag

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