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« La diplomatie algérienne a toujours été une grande école dans l’éthique et les principes intangibles. C’est d’ailleurs sur ces principes qu’elle est fondée » a estimé hier le Dr Ahmed Mizab, spécialistes des questions sécuritaires. Celui a rappelé, lors de son intervention sur les ondes de la Radio algérienne que la diplomatie algérienne » détient un palmarès très riche en victoires diplomatiques et en positions qui ont participé au dénouement de grands conflits internationaux ». L’intervenant a ainsi mis l’accent sur la « neutralité de celle-ci dans toutes les situations conflictuelles. Ce qui lui donne toute sa crédibilité ».

Dr Ahmed Mizab a souligné  ainsi que « la stratégie actuelle vise à redonner à la diplomatie algérienne sa vivacité et sa dynamique en se basant sur deux axes stratégiques à savoir d’abord, les dernières visites qui ont attiré l’attention du monde ». Ces visites, ajoute-t-il, tournent autour de la sécurité nationale, des intérêts nationaux et de la stabilité régionale et du continent africain en général. Le second axe, explique l’intervenant, réside dans les caractéristiques de la personnalité en charge des affaires étrangères algériennes connue pour ses qualités et son statut d’artisan de plus d’une quarantaine d’accords de paix en Afrique ainsi qu’une forte présence dans de nombreuses organisations très puissantes.

Citant les exemples actuels où le rôle de la diplomatie algérienne est attendu, le spécialiste des question sécuritaires évoque « la région de la Corne d’Afrique où le conflit autour du barrage de la Renaissance qui risque de s’étendre vers tout le continent africain et avoir des conséquences sur l’UA ainsi que les relations entre cette organisation africaine et la Ligue arabe ». A ce chapitre justement, « la diplomatie algérienne compte réactiver l’article 10 de l’accord signé le mois de mars dernier entre les trois pays concernés par le conflit et qui prévoit une médiation d’un pays neutre en cas de blocage des pourparlers entre les parties concernées ».

A ce titre, ajoute Dr Mizab, l’Algérie qui a les qualités requises pour jouer ce rôle de médiateur travaille pour une solution non pas politique mais plutôt stratégique pour aplanir ces conflits autour de l’eau qui peuvent générer des guerres. La solution algérienne, explique l’intervenant, s’inscrit dans le long terme et doit se faire en dehors de toutes les influences des parties qui tentent de saper la volonté des pays concernés et aussi déstabiliser les organisations continentales et régionales.

Abordant la nouvelle position américaine qui cherche à travailler avec l’Algérie sur ces questions, Dr Ahmed Mizab a préconisé de « faire une lecture par deux angles différents à savoir d’abord l’histoire des relations algéro-américaines caractérisées par le respect mutuel qui remontent jusqu’à avant 1830 et aussi les accords entre les deux pays remontant à des siècles et les centres de recherches américaines s’accordent aussi sur le fait que l’Algérie est un élément clé avec qui il faudra composer à l’avenir vu son rôle dans les conflits régionaux et continentaux ».

Au sujet de la crise libyenne,  Ahmed Mizab avertira que « l’absence de l’Algérie signifie l’effondrement de toute la région vu son statut de pays pivot et clé ». C’est pourquoi, explique-t-il, « le rôle de l’Algérie est attendu par toutes les parties ». L’Algérie, ajoute Dr Mizab, a toujours eu un regard objectif et a vu en le conflit libyen une question de sécurité nationale. « La neutralité positive reste l’option privilégiée tout en étant au centre de toute solution de quelque partie qu’elle soit », explique-t-il plus loin. Avant d’être purement libyen, le conflit est d’abord international autour du cake libyen, note l’expert qui souligne que la solution se base sur trois niveaux à savoir d’abord l’aboutissement du processus politique, le niveau sécuritaire et enfin le niveau sociopolitique.

Au sujet des provocations répétitives contre l’Algérie à cause de ses positions sur ces conflits, il a affirmé que « la diplomatie algérienne est raffinée et basée sur des principes immuables tendant vers le partenariat pour la recherche de solutions ». Mais, ajoute-t-il, « en contrepartie de ces provocations, l’Algérie a toujours évolué avec constance dans ses positions et finit par démasquer les artisans de la déstabilisation par sa démarche qui les contraint à se sortir des principes diplomatiques les plus élémentaires ».  Par ailleurs, l’intervenant révèle que éparmi les objectifs principaux de la diplomatie algérienne figure le retour de l’Algérie dans ses zones d’influences via son rôle clé dans l’UA. Une organisation que l’Algérie sait victime de tentatives d’infiltration ».

Enfin, Ahmed Mizab a estimé que l’approche de l’Armée nationale populaire à laquelle s’arrime l’activité diplomatique possède une grande capacité de prospective et de prévention à même d’élaborer des stratégies qui prennent en compte les évolutions à toutes les échelles régionales et internationales nécessitant une veille et une adaptation constante. Il a ainsi insisté sur le rôle du front interne dans les systèmes de défenses de tous les pays.

Akli Amor