Biles, Djokovic et Osaka / Quand les stars font faux-bond

C’est au final la natation qui a fait émerger de nouvelles stars, comme l’Australienne Emma McKeon qui a collectionné sept médailles, dont quatre en or, ou encore Caeled Dressel avec cinq médailles d’or. 

Naomi Osaka, Simone Biles et Novak Djokovic devaient être les stars de JO-2020, mais ces Jeux sans public ne leur ont pas souri et n’ont pas permis à de nouveaux visages d’émerger, même si certains comme Caeleb Dressel, le boss américain des bassins, ont accumulé les titres et faits de gloire. Avant même d’avoir donné son premier coup de raquette, Naomi Osaka avait déjà le sentiment d’avoir réussi « ses » Jeux: c’est elle qui, dernière relayeuse sur le parcours de la flamme, a allumé la vasque olympique lors de la cérémonie d’ouverture et donné ainsi le coup d’envoi officiel des Jeux de Tokyo le 23 juillet. La N.2 mondiale, attendue par tout un pays, a en revanche vite mordu la poussière dans le tournoi féminin de tennis, éliminée sèchement en 8e de finale. Les tournois olympiques de tennis, privés de grands noms comme Rafael Nadal, par choix, et Roger Federer, au repos, ont vu leur autre attraction le N.1 mondial Novak Djokovic atteindre le dernier carré, en simple et double mixte, avant d’imploser et de repartir sans médaille, mais avec une blessure à l’épaule et un épuisement physique et mental. La question de la santé mentale a été au cœur du séjour au Japon de Simone Biles. De l’avis général, la superstar de la gymnastique pouvait remporter les six titres olympiques en jeu et battre le record de la Soviétique Larissa Latynina, gymnaste la plus titrée de l’histoire avec ses neuf sacres. Mais Biles, 24 ans, a craqué après un seul saut dans le concours général par équipes. Elle a abandonné ses partenaires de « Team USA » qui ont arraché tout de même la médaille d’argent, puis « Queen Simone » a dévoilé ses tourments (« Je n’ai plus autant confiance en moi qu’avant (…) je ne prends plus autant de plaisir qu’avant ») qui provoquent ce que les gymnastes appellent des « twisties » ou « pertes de figure » qui perturbent leurs mouvements et acrobaties. Qualifiée pour six finales, l’Américaine a déclaré forfait pour quatre d’entre elles, mais a participé à celle de la poutre où elle a décroché une médaille de bronze, la s eptième de sa carrière olympique. Megan Rapinoe avait fait à 36 ans de Tokyo son dernier défi olympique, mais l’attaquante de l’équipe des Etats-Unis de football, Ballon d’or 2019, célèbre également dans le monde entier pour ses engagements (droits des LGBT+, mouvement « Black Lives Matter ») et son opposition à Donald Trump, a dû se contenter d’une médaille de bronze. Même l’athlétisme a failli: depuis la retraite d’Usain Bolt, le sport-roi du mouvement olympique attend sa nouvelle star, mais malgré la domination sans partage sur le saut à la perche du Suédois Armand Duplantis, malgré le triplé 100/200 m/relais 4×100 m réalisé par la Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah, et malgré l’étourdissant record du monde du 400 m haies du Norvégien Karsten Warholm, aucun d’entre eux ne peut prétendre à ce statut. Le tournoi de basket masculin qui a marqué l’histoire olympique en 1992 à Barcelone avec la « Dream Team » de Michael Jordan, Magic Johnson et Larry Bird, a bien été dominé par les Etats-Unis avec, en chef de file, Kevin Durant, mais ce dernier est loin d’avoir le char isme et le renom international de LeBron James ou même de Stephen Curry qui ont fait une croix sur ces JO. Au pays du judo, dans le légendaire Nippon Budokan, Teddy Riner rêvait d’un troisième sacre consécutif dans la catégorie-reine des plus de 100 kg: le colosse français a dû se contenter d’une médaille de bronze, rehaussée d’un titre olympique dans la nouvelle épreuve mixte par équipes inaugurée à Tokyo.

R. S.

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