Séparatisme du MAK : Un projet irréalisable

L’Algérie est unie est indivisible. C’est une réalité qui fait le consensus et sur laquelle s’accordent l’ensemble des Algériens, face à un projet séparatiste irréalisable.

« (…) Votre projet est irréalisable parce que rejeté par la Kabylie et toutes les régions du pays. Vous ne ‎pouvez ni arracher la Kabylie du restant de l’Algérie pour l’emmener ailleurs, ni y implanter une ‎population venue d’ailleurs, ni vivre au beau milieu des uns et des autres. ». C’est en ces termes crus mais sages que Nourredine Boukrouh, interpellé par Ferhat M’Henni dans son allocution du 18 août, le présentant « comme quelqu’un qu’on ne ‎peut pas soupçonner de « kabylisme » ou de « kabylophilie », a tenu à répondre à son « laudateur ». Dans un style sibyllin et propre à lui mais empreint d’une diatribe et d’oxymore, l’ancien ministre du Commerce rappelle à M’henni quelques faits historiques à propos de la « non faisabilité » du projet séparatiste et son irréalisme. Une lettre rédigé à la pointe d’une plume acérée et enduite de venin qui ne plaira certainement pas à Ferhat M’Henni si ce dernier parvient à décoder les messages chiffrés contenant un antidote au projet séparatiste.  Des vérités assenées à coups d’arguments qui auraient réussi à semer le doute dans les esprits les plus sains au sein des adeptes du mouvement que dirige le chanteur à partir de son exil doré parisien. Les développements avancés par le rédacteur de la lettre sonnent comme un glas. Ils sont incassables car sans appels. Et ce n’est surement pas l’Histoire qui va contredire Boukrouh dans les conseils qu’il prodigue à Ferhat M’Henni. « (…) Jamais au cours de l’histoire tumultueuse de l’Algérie un occupant n’a entrepris de couper la Kabylie du ‎reste du pays pour en faire une entité distincte : ni les Phéniciens, ni les Romains, ni les Arabes, ni les ‎Ottomans, ni la France. », résume Nourredine Boukrouh.  « Si cela avait été faisable en deux millénaires, l’un ou l’autre l’aurait fait. Et si ça ‎ne s’est pas fait en 2000 ans, ça ne se fera pas dans les deux suivants. » assène l’opposant exilé au Liban connu pour ses positions « hostiles » vis-à-vis du pouvoir algérien. Une position qui lui offre une sorte de « crédit » lui valant un statut particulier aux yeux de beaucoup d’Algériens et dont il semble profiter pour démontrer l’utopique projet séparatiste que caresse Ferhat M’Henni et ses adeptes du MAK. Lequel mouvement prônant « la liberté » et la «démocratie» vient de prouver à travers les incendies perpétrés en Kabylie même ainsi que l’assassinat abject du jeune Djamel Bensmail toute la férocité et la sauvagerie dont est capable le MAK qui vient de démontrer au monde de quoi serait fait demain s’il venait à être suivi et comment compte-t-il mener d’une main de fer la population qui aura la malchance de croire en ses promesses. La lettre ouverte adressée par Nourredine Boukrouh à Ferhat M’henni ressemble beaucoup plus à un réquisitoire puisqu’il lui rappelle toute la différence qui existe entre eux, le premier aura voué sa vie à la Kabylie, le deuxième à toute l’Algérie. « ‎Nous appartenons à la même génération, et nous entamons le dernier tour de piste de notre ‎existence que nous avons dévouée, vous à la Kabylie, sa culture et sa langue, moi à l’Algérie dans ses ‎frontières reconnues et avec la variété de populations qui l’occupent depuis des millénaires sans qu’il ‎ne manque un individu à l’appel. A quoi il faut ajouter sa Constitution où sont plantées les ‎constantes nationales : l’islam, l’amazighité, l’arabité, les valeurs de novembre (dont l’unité du peuple ‎et du territoire), la démocratie et la modernité. »,écrit Boukrouh.

Un émirat afghan

‎Ce dernier se défend à propos des « soupçons » purement régionalistes d’anti « kabylisme » et de non « kabylophile » invoqués par le chef du MAK en lui rappelant que « vous m’avez interpellé dans votre allocution du 18 août en me présentant comme quelqu’un qu’on ne ‎peut pas soupçonner de « kabylisme » ou de « kabylophilie ». Vous avez raison pour le premier point ‎car je n’accepterai jamais le démembrement de mon pays, comme je ne crois pas à l’existence d’un ‎sentiment séparatiste majoritaire en Kabylie, et tort pour le second point car j’aime les Kabyles autant ‎que tous les Algériens vivant sur chaque mètre carré du territoire national ». Boukrouh poursuivra en déclarant avoir été « interpellé en fait parce que j’ai fait le rapport dans mon dernier article entre l’assassinat ‎du jeune Djamel Bensmaïl et l’organisation que vous dirigez en me référant aux aveux faits par certains ‎suspects se réclamant d’elle. » Il mettra son interlocuteur sur le banc des accusés car « profondément remué par ce crime à l’instar de tous les Algériens et ‎Algériennes, (…) car la mort de ce jeune homme dans un rituel cannibale a changé ‎quelque chose en Algérie et vous êtes concerné en raison du discours que vous avez développé ces ‎dernières décennies qui y est pour beaucoup ».‎ Prolixe comme à son habitude, Nourredine Boukrouh donnera son point de vue sur la Kabylie « séparée » de la terre-mère, ajoutera à l’adresse de Ferhat M’Henni qu’ « il y a plus de chances que la Kabylie devienne un Émirat afghan qu’un clone ‎d’Israël ».  « Depuis la création du MAK il y a vingt ans, seuls ces deux États (l’entité sioniste et le Maroc, NDLR) s’intéressent à vous ‎pour leurs intérêts et non ceux de la future Kabylie qu’ils savent qu’elle ne verra jamais le jour. (…)  Les deux États en question ne croient pas à la moindre chance d’aboutissement de votre entreprise, ‎mais vous utilisent pour soumettre au chantage la diplomatie algérienne(…) ». Recourant à de vieux adages typiquement algériens, tels « Nif w lakhsara », « Zolt w ‎tfar’in », « anarez wala neknou », « Taghannant, takhasssaart », « Ma andnach w maykhassnach », ‎‎« Maaza wla tarat », Boukrouh interroge son destinataire en lui demandant niaisement « comment, sachant cela, au fait de l’existence de ces propulseurs nucléaires nichés dans les ‎profondeurs abyssales des Algériens, avez-vous pu penser qu’ils vous laisseront prendre la Kabylie ‎comme si elle avait été un morceau de pizza ou un élément d’un puzzle facilement détachable.

Le sort commun des traitres

Les puissances armées de la planète entière pourraient converger vers notre pays et l’occuper, ‎anéantir son Etat et son armée, mais jamais elles ne repartiront avec la Kabylie en poche, ni ne ‎réussiront à en faire une « zone verte » où vous vivriez en paix ». Et de rappeler à M’Henni le sort réservé aux traitres en lui rappelant la triste fin du fondateur de l’Académie berbère en 1967, Abdelkader Rahmani, « mort seul et impotent dans un ‎asile de vieillesse quelque part à Poitiers, malade de nostalgie de sa Kabylie ». « A mon avis » poursuit Boukrouh comme pour achever l’outrecuidant instigateur par un dernier « conseil » « il vaut mieux abandonner la partie et vous mettre en règle avec votre pays d’antan afin de ‎pouvoir revoir la Kabylie chère à votre cœur et retrouver ne serait-ce que le plaisir d’une sieste sous un ‎figuier, votre burnous ramassé en forme d’oreiller sous la tête, et vous reposé enfin(…) ». Un figuier qui, hélas, n’existe plus car calciné par les flammes allumées par les petites mains manipulées par Ferhat M’henni et son mouvement en guise de présent à la Kabylie insoumise à son chant de sirène.

Azzedine Belferag

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