Économie

De nouveau rupture de stocks de matières premières : L’Eniem à nouveau dans la zone rouge

C’est le risque de la mise au chômage technique qui pointe à nouveau à l’horizon pour les 1.700 travailleurs du complexe industriel spécialisé dans l’électroménager Eniem d’Oued Aïssi dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Dans une déclaration rendue publique hier par le syndicat d’entreprise, les travailleurs de l’Eniemont exprimé leur solidarité avec les victimes des derniers incendies, avant dedénoncer la situation qui prévaut dans leur entreprise. Une entreprise qui est « au bord de l’asphyxie financière et dans l’incapacité d’assurer son approvisionnement en matières premières. Ce qui la met sous le risque de cessation d’activité »,indique le syndicat dans sa déclaration.Pire encore, le syndicat affirme qu’« au lieu de s’estomper, les difficultés financières de l’entreprise ne font que s’intensifier faute d’un renflouement conséquent à même d’impulser une réelle relance de l’activité ». Le syndicat avertit ainsi que devant cette situation qualifiée d' »impasse »,   l’agitation et l’impatience gagnent les travailleurs et le risque d’un conflit social est bien palpable.

Aussi, le syndicat d’entreprise alerte les pouvoirs publics sur la gravité de la situation et l’urgence d’y remédier tout en rappelant encore une fois que la solution aux problèmes de l’entreprise passe inévitablement par la mise en œuvre d’un plan de sauvetage incluant d’une part l’octroi d’un crédit d’investissement conséquent à même de permettre à l’entreprise de rénover ses équipements. D’autre part, le syndicat réclame le gel du décret exécutif 20-313 fixant les conditions et modalités d’admission au bénéfice du régime fiscal préférentiel afin de donner à l’entreprise le temps d’atteindre le taux d’intégration fixé.

Devant cette situation d’impasse et en toute urgence, note le syndicat d’entreprise dans sa déclaration,  l’Eniem a besoin d’un fond d’exploitation d’au moins trois milliards de dinars destinés au financement de son cycle opérationnel. L’effacement des dettes qui plombent les capacités de l’entreprise ou du moins l’établissement d’un moratoire figure parmi les nécessités vitales qui permettraient à l’Eniem de rétablir son autonomie financière. Optimiste, le syndicat rappelle que cette entreprise qui était autrefois l’un des fleurons industriels du pays peut redevenir performante  et compétitive pour peu d’un accompagnement financier adéquat.

Enfin, il est à rappeler que dans le cadre d’une rencontre avec le Groupe public Elec El Djazair, les responsables de l’ENIEM ainsi que les autres directeurs généraux des filiales de la holding dont notamment l’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE) et la Société industrielle algérienne des télécommunications (SITEL) ont été reçu par le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar qui, lors de la rencontre qui s’est tenue en fin juillet, a insisté sur la nécessité de trouver « des solutions urgentes et réalistes aux problèmes auxquels est confronté ce groupe, à travers l’action collective et le recours aux capacités et expertises nationales réputées dans ce domaine à moindre coût et avec un rendement meilleur, ce qui permettra de multiplier la production et de réduire la facture des importations ».

Kamel Nait Ameur

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