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Bilan du tournoi camerounais : Un tournoi endeuillé, un football en progrès 

L’Équipe nationale algérienne est tombée de très haut en se faisant éliminer au premier tour, alors qu’elle se présentait pour défendre son titre. 

L’ombre des 8 morts de la bousculade du stade d’Olembe plane sur la première Coupe d’Afrique des nations (CAN) remportée par le Sénégal, parfois chaotique mais où le football africain a semblé en progrès dans le jeu. Un engorgement de spectateurs et une porte ouverte au mauvais moment ont entraîné la mort de 8 personnes, dont un enfant de 6 ans, le jour de Cameroun-Comores, endeuillant la CAN et soulignant tragiquement des problèmes d’organisation, illustrés de manière moins dramatique par la nécessité de déplacer deux matches en raison de l’état de la pelouse du stade de Douala. Après une alerte suscitée par des échanges de tir à Buea (sud-ouest) en début de compétition, il n’y a pas eu de problèmes sécuritaires dans ce pays confronté à deux conflits, avec les séparatistes anglophones (ouest) et les jihadistes de Boko Haram (nord). Des matches vraiment emballant ont éclairé la compétition, comme Gabon-Maroc (2-2), Comores-Ghana (3-2), Egypte – Maroc (2-1) ou Sénégal – Burkina-Faso (3-1), mais la finale Sénégal – Egypte a été triste et cadenassée, comme trop souvent : c’est la 5e fois en 11 éditions que la finale se termine sur un 0-0. Après deux finales perdues (2002, 2019), les Lions de la Teranga sont enfin champions d’Afrique. Pour leur première apparition à ce niveau, les Comores ont réussi à franchir le premier tour, bien que leur 8e de finale ait été gâché par l’absence de gardien, l’un étant blessé et les deux autres touchés par le Covid-19. La Gambie a fait encore mieux en atteignant les quarts de finale, sublimée par son coach belge Tom Saintfiet et son buteur bolognais Musa Barrow. La Guinée Equatoriale avait déjà disputé deux CAN, mais qu’elle organisait (seule puis avec le Gabon). Qualifiée pour la première fois sur le terrain, elle a brillé jusqu’en quart. Le but du tournoi a été réussi par le Malawite Gabadinho Mhango, une frappe de plus de 40 m à la trajectoire incroyable, lors du huitième de finale contre le Maroc. Il n’a pas empêché la défaite (2-1), mais a emballé le match, lançant les « Lions de l’Atlas » à l’assaut. Capitaine du Cameroun, Vincent Aboubakar ne se consolera pas avec son titre de meilleur buteur. Avec huit réalisations, il égale l’Ivoirien Laurent Pokou (1970) et échoue à une longueur du record du joueur du Zaïre (aujourd’hui RD Congo) Pierre Ndaye Mulamba (9 buts en 1974). Tenante du titre et grande favorite, l’Algérie est tombée de haut, terminant dernière de son groupe en ne marquant qu’un seul but, une fois qu’elle était menée 3-0 par la Côte d’Ivoire. Le Ghana, habitué du dernier carré, a aussi quitté la compétition dès le premier tour, sur un carton rouge de son capitaine André Ayew. Aliou Cissé, le roi d’Afrique, mais aussi le Burkinabè Kamou Malo, quatrième avec ses Etalons, ou Mohamed Magassouba avec le Mali, ont mis en valeur le travail des entraîneurs locaux. Ils étaient 16 sur 24 à la CAN, un record. Le foot africain ne va pas dormir longtemps. Tous les barragistes pour le Mondial-2022 étaient là, sauf la RD Congo, qui affronte le Maroc. L’affiche reste Sénégal-Egypte, revanche de la finale, nouveau duel Sadio Mané-Mohamed Salah. 

R. S.

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