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46e anniversaire de la proclamation de la RASD : Sous le signe de la lutte 

Le peuple sahraoui poursuit sa lutte pour l’indépendance et continue de recueillir davantage de soutien et d’appui autour de sa cause juste, alors qu’il s’apprête à célébrer aujourd’hui le 46e anniversaire de la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), avec autant de détermination et de résolution à aller jusqu’au bout de son objectif.

Née des suites de longs combats qu’elle a livrés à l’occupant espagnol, la République sahraouie poursuit sa lutte armée pour le recouvrement de sa souveraineté nationale en livrant une autre guerre à un autre colonisateur plus insidieux. 

Plus que jamais, le peuple sahraoui est plus que déterminé à poursuivre son combat pour affirmer la réalité incontestable de la RASD. La République sahraouie a été proclamée le 27 février 1976, à Bir Lahlou, territoires libérés au lendemain du départ du dernier soldat espagnol du territoire sahraoui. Et depuis, l’adhésion internationale à cette cause ne cesse de croître à telle enseigne que le Maroc est d’autant plus acculé qu’il verse dans l’amalgame et la désinformation. Peine perdue pour le Royaume qui continue à essuyer de cuisants échecs pendant que la RASD continue à comptabiliser des succès sur la scène internationale, ralliant à sa cause des Gouvernements et des organisations internationales. Près d’un demi-siècle après sa création, le peuple sahraoui se bat encore pour son droit légitime à l’autodétermination, alors que l’occupant marocain poursuit sa «politique » expansionniste violant le droit international et les droits des civils sahraouis. Ce 46e anniversaire constitue une autre occasion pour le peuple sahraoui pour réaffirmer que la République sahraouie est un fait existant que nul ne peut remettre en cause ni nier. Si les victoires sahraouies se succèdent, il en est de même pour sa diplomatie. La République sahraouie est membre fondateur de l’Union africaine, en plus du fait qu’elle soit omniprésente dans les concerts et autres évènements régionaux, africains et internationaux. Sa participation au Sommet, ayant regroupé les dirigeants de l’Union africaine et ceux de l’Union européenne, les 17 et 18 février à Bruxelles a, encore une fois, hissé la cause sahraouie sur les devants de la scène diplomatique internationale. Guidée par le président de la RASD, Brahim Ghali, la délégation, ayant pris part à cette rencontre d’envergure, a été récompensée par une grande victoire diplomatique et politique pour la question sahraouie. L’intervention du Président, Ghali Brahim, a été explicite en appelant à «mettre fin aux tensions qui existent depuis 46 ans, et notamment à l’escalade que vit la région depuis le 13 novembre 2020 (depuis l’agression marocaine à El-Guerguerat, ndlr) ». «La paix au Sahara occidental doit être juste», a-t-il plaidé, appelant pour «l’impératif de respecter le droit et la légalité internationale, et d’aller vers la décolonisation». La lutte sahraouie pour son autodétermination est également juridique, compte tenu des dépassements graves orchestrés par l’occupant marocain. En s’en remettant au Tribunal de l’Union Européenne, le peuple Sahraoui a arraché deux arrêts. Il s’agit principalement du jugement rendu le 29 septembre 2021 à son profit, annulant les nouveaux accords UE/Maroc qui incluaient illégalement la partie du Sahara occidental sous occupation marocaine. En 2016 et 2018, le Tribunal a jugé que les nouveaux accords UE/Maroc avaient été conclus en violation du droit international, sans consentement du peuple sahraoui et que ces accords ne s’appliquaient pas au Sahara occidental car le territoire sahraoui dispose d’un statut séparé et distinct de celui du Royaume du Maroc. Ce front de bataille juridique lancé par le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, vise à mettre fin au pillage continu par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental et à contraindre les entreprises européennes qui mènent des activités commerciales illégales dans le territoire occupé à quitter ce dernier. Si le Maroc continue à bafouer le droit international, la République inscrit, elle aussi, sa lutte armée dans la durée jusqu’au recouvrement de sa souveraineté. La célébration du 46e anniversaire de la proclamation de la RASD survient après plus d’un an qui a suivi la reprise de la lutte armée, suite à la transgression, par le Maroc, du cessez-le-feu de 1991 en agressant le 13 novembre 2020, dans la région d’El-Guerguerat, les civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement. Le recours de la RASD aux armes a été motivé par la montée de la puissante violence perpétrée par le Maroc. Il s’agit, selon des spécialistes, de la légitime défense du peuple sahraoui en répondant à l’acte répréhensible perpétré par le Maroc. Il porte également dans ses dimensions la réaffirmation du peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’indépendance et à la liberté. Le ministre des Territoires occupés et de la Communauté sahraouie à l’étranger, Mustafa Ali Sid Al-Bachir a réaffirmé que «le peuple sahraoui, sous la direction du Front Polisario, connaît sa destination et avance résolument vers l’objectif escompté, en l’occurrence édifier un État indépendant », en allusion aux victoires remportées par l’armée sahraouie depuis la reprise de la lutte armée. En effet, l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) a concrétisé une série de victoires militaires, infligeant à l’armée marocaine de lourdes pertes humaines et matérielles le long du mur de sable. Début février, l’armée sahraouie a annoncé de grosses pertes militaires au sein de l’armée de l’occupation grâce à ses attaques ciblées ayant fait plusieurs morts dans les rangs marocains, outre la destruction d’un lance-roquettes et du Quartier général du 43e bataillon à Mahbes . A la veille de la célébration de la proclamation de la RASD, Khatri Adouh, responsable du secrétariat du Front Polisario, a déclaré que « l’ère de l’expectative est révolue, notamment après l’escalade du Maroc et son alliance avec l’entité sioniste». Il a assuré que «la lutte armée se poursuivra jusqu’à l’indépendance». L’Onu a mis en place une mission Onusienne, la Minurso. Cette dernière a été chargée de l’organisation d’un référendum d’auto-détermination pour le peuple sahraoui. De par son jeu «sordide», Rabat a, à plus d’un titre, entravé cette mission, bloquant la situation. Pourtant, le consensus est, à travers le monde entier et dans toutes les chancelleries, commun. Le Sahara occidental constitue la dernière colonie d’Afrique. La situation est urgente, selon plusieurs ONG. «Il faut absolument que les Nations unies appliquent leurs engagements et organisent le référendum d’autodétermination, comme prévu». «Le Maroc, au lieu d’abdiquer aux faits l’accablant, propose la mise en place un plan d’autonomie pour le Sahara occidental». Ce dernier est rejeté aussi bien par le peuple sahraoui que par les défenseurs des droits des hommes, sacralisant le droit des peuples à leur libération et à leur indépendance.

Salim Abdenour

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