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Guerre en Ukraine : Loukachenko prévient Poutine contre un complot occidental

Le Bélarus fait face à une « guerre hybride » et les actions des Occidentaux « rapprochent le monde de l’abîme d’une grande guerre qui ne peut avoir de vainqueur », a prévenu M. Loukachenko.

Le dirigeant du Bélarus Alexandre Loukachenko a dit hier avoir discuté la veille avec le président russe Vladimir Poutine des « plans » d’attaque contre la Russie que les Occidentaux ont, selon lui préparés, en plein conflit en Ukraine. « Depuis peu, et nous en avons parlé en détail hier avec le président russe, des plans stratégiques d’attaque contre la Russie ont été établis », a déclaré, selon l’agence bélarusse Belta, M. Loukachenko, qui a eu un entretien téléphonique avec M. Poutine lundi. Ces « plans » prévoient des offensives « passant par l’Ukraine et par le Bélarus », a assuré M. Loukachenko. « L’histoire se répète », a-t-il conclu, en allusion aux invasions de la Russie par Napoléon 1er et par l’Allemagne nazie. 

M. Loukachenko soutient la Russie dans le conflit en Ukraine. Le mois dernier, M. Poutine a annoncé que Moscou allait fournir « dans les prochains mois » au Bélarus des missiles capables de transporter des charges nucléaires. En raison de son soutien à Moscou, le Bélarus est visé par des sanctions occidentales. Le Bélarus fait face à une « guerre hybride » et les actions des Occidentaux « rapprochent le monde de l’abîme d’une grande guerre qui ne peut avoir de vainqueur », a encore déclaré M. Loukachenko. Reprenant séparément cette rhétorique, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a elle aussi accusé les Etats-Unis et leurs alliés de « confrontation hybride » avec la Russie, « qui s’approchent dangereusement d’une confrontation militaire ouverte avec notre pays ». Cela signifierait « un conflit armé entre des puissances nucléaires. Evidemment, une telle collision comporterait un risque d’escalade nucléaire », a-t-elle ajouté dans un communiqué s’en prenant au soutien du Japon à ses alliés occidentaux face à la Russie. 

L’échange entre Alexandre Loukachenko et Vladimir Poutine intervient à un moment où la Russie gagne du terrain en Ukraine. Kiev a ainsi prévenu lundi que l’armée russe s’apprêtait à lancer une nouvelle offensive sur des villes-clés du Donbass, dans l’est. L’Europe est de son côté entrée dans une période de grande incertitude quant à la poursuite des livraisons de gaz par la Russie, le géant russe Gazprom entamant les travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui permettent d’approvisionner l’Allemagne et d’autres pays de l’ouest du continent européen. 

Cet arrêt pour dix jours ne devait en théorie n’être qu’une formalité technique, mais, avec la guerre en Ukraine et le bras de fer entre Moscou et les Occidentaux sur l’énergie, personne ne peut parier sur la suite. Et pour ne pas donner de prétexte supplémentaire à Moscou, l’Allemagne a obtenu du Canada la restitution de turbines en maintenance du même gazoduc, ce qui a suscité lundi l’ire de Volodymyr Zelensky qui a annoncé la convocation de l’ambassadeur canadien à Kiev « en raison d’une exception absolument inacceptable au régime de sanctions contre la Russie ». Cette décision « sera perçue à Moscou uniquement comme un signe de faiblesse », a-t-il averti, estimant que la Russie pourrait de toute façon, si elle le souhaitait, « arrêter complètement l’approvisionnement en gaz de l’Europe au moment le plus aigu ». Les turbines faisaient l’objet d’une maintenance sur un site canadien appartenant au groupe allemand Siemens, et la Russie imputait à leur absence la réduction de livraisons via le gazoduc. 

Khider Larbi

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