Maroc : Le roi mort, vive la République

Souffrant et absent depuis quelque temps, le sort du roi Mohamed VI semble être scellé et avec lui celui du régime monarchique qu’il risque d’emporter avec lui.

Mohamed VI risquerait d’être le dernier roi du Maroc. D’ailleurs et si l’idée de sa succession ne fait plus l’unanimité au sein d’une large frange de la population marocaine et d’une bonne partie de la classe politique, il est désormais plus question d’une période de transition qui serait auréolée par une constituante qui assurera la transition vers une république. Certes, les manifestants ne réclament pas encore ouvertement un changement de régime et l’abolition de la couronne, mais la question d’une monarchie ne fait plus débat. L’idée d’un passage démocratique vers une république est  timidement cultivée en dépit du fait qu’elle remonte à très loin, du temps même de Mohammed ben Abdelkrim Al-Khattabi devenu président de la République du Rif de 1921 à 1926. Et ce même Rif est resté rebelle et réfractaire au régime du Makhzen. En 2017 déjà, les autorités marocaines ont dû interdire l’organisation de manifestations dans les rues d’Al-Hoceima à l’occasion du premier anniversaire du mouvement de contestation « Hirak » dans la région du Rif. Depuis la région n’a de cesse de protester contre le palais royal. Une contestation qui s’est élargie ces derniers mois notamment pour exiger plus de liberté, une vie meilleure et faire déguerpir le gouvernement d’Akhanouche comme ils l’ont fait avec celui d’El Othmani en marque de défi au palais royal. Le Maroc vit désormais une instabilité récurrente. La normalisation avec l’entité sioniste et l’ouverture du royaume à Israël a finit par excéder les populations dont l’ancrage musulman les a incité à s’élever contre cette liaison incestueuse. Tous les ingrédients d’une fin de la monarchie semblent présents pour répondre aux aspirations du peuple marocain.

Et cette idée fait débat au sein du royaume chérifien qui semble vivre ses derniers moments. L’après Mohamed VI commence à se dessiner particulièrement depuis la maladie du monarque qui a eu à subir deux opérations sur le cœur et le fragilisent au point de ne plus pouvoir faire face au moindre soucis de santé. Sa récente contamination au covid-19 contracté lors de son voyage à Paris a nécessité son hospitalisation et son retrait de la scène politique. Des sources affirment que l’entourage immédiat du roi, sa famille notamment a du se rendre en extrême urgence à Paris où se trouve le monarque qui aurait même succombé à sa maladie. Vraie ou fausse information, les réseaux sociaux s’enflamment en tout les cas déjà au point que les internautes entament un débat démocratique aux tendances républicaines en guise d’oraison funèbre. L’idée d’une République commence à faire son chemin. Une première dans les annales de l’histoire du Maroc, depuis El Emir Khettabi. Les Marocains semblent quant à eux adhérer à ce projet  et n’hésitent plus à balayer d’un revers de main toute idée d’une succession et de s’offrir au jeune et colérique prince héritier dont on doute de ses capacités à régner sereinement sur le Maroc. L’option d’une constituante tient la route et l’idée d’une phase de transition pour préparer l’avènement de la 1re République du Maroc fait son chemin.

Azzedine Belferag

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