Dialogue social : Les syndicats de l’éducation maintiennent la pression

Les vacances estivales, connues pour être creuses sur le plan social, seront studieuses cette année. Animés par l’agenda politique et les changements attendus au niveau des l’Exécutif, les syndicats de l’éducation nationale maintiennent la pression afin de réaffirmer leurs revendications et se placer dans la perspective de la réouverture du dialogue à la prochaine rentrée sociale. Ainsi et après le Syndicat national des superviseurs et d’adjoints de l’éducation qui a annoncé des actions il y a quelques jours, c’est autour du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste) de se manifester. Le syndicat a alerté contre la «dégradation du pouvoir d’achat, du statut de l’enseignant dans la société ainsi que de ses conditions socio-professionnelles». Dans un communiqué rendu public, ce week-end, à l’issue de la session ordinaire de son Conseil national, tenue les 24 et 25 juillet dernier, le syndicat a affirmé qu’il s’en tient toujours aux revendications qu’il a exprimé dans ses précédentes résolutions, entre autre «l’amélioration du pouvoir d’achat qui connait une dégradation inégalée », ce qui nécessite, précise le Cnapeste, « l’augmentation des salaires de l’enseignant à la hauteur de son statut afin qu’il soit à l’abri du besoin». Le syndicat évoque également «la révision du régime indemnitaire» ainsi que «la prise en charge des dossiers du logement, de la retraite, des œuvres sociales, de la médecine du travail, de la prime de zone, des libertés syndicales…». Tout en réclamant une copie de l’avant-projet de loi du statut particulier de l’enseignant, le Cnapeste a mis l’accent également sur le fait que «la rentrée scolaire 2022/2023 se prépare «sans concertation» avec le partenaire social. Le syndicat avait, rappelons-le, enclenché au mois de février dernier un mouvement de grève cyclique de deux jours par semaine, qu’il a suspendu moins d’un mois plus tard. Il a, toutefois, maintenu le boycott de la remise des notes. Va-t-il, à cet effet, renouer avec la protestation à l’occasion de la prochaine rentrée scolaire ? Il faut dire que la revendication relative à l’amélioration du pouvoir d’achat des enseignants, via la revalorisation des salaires, est partagée par plusieurs autres syndicats de l’éducation. Les mesures prises par les autorités et inscrites dans la loi de Finance 2022, telles que la réduction de l’IRG et la revalorisation de la grille indiciaire des salaires de la Fonction publique ont été jugées insuffisantes par plusieurs syndicats, dont le Cnapeste, au vu de la forte dégradation du pouvoir d’achat, expliquent-ils. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est engagé, dans l’entrevue avec des représentants des médias, diffusée hier soir, à «élever les salaires». Les organisations syndicales vont certainement être à l’écoute des détails de cette hausse. 

Elyas Nour

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