Opep + : Vers une baisse de la production de pétrole

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés non-Opep signataires de la Déclaration de coopération s’acheminent résolument vers une nouvelle baisse de la production de pétrole, dans l’objectif de maintenir la stabilité des prix et des marchés. Bien que la perspective d’une nouvelle baisse des quotas soit assimilée par les marchés et s’orientent de manière persistante vers la baisse, les interrogations portent sur l’ampleur de la prochaine action à prendre par l’alliance qui doit tenir sa première réunion en présentiel, depuis le début de la pandémie, mercredi prochain à Vienne.

Les treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de brut (Opep), conduits par l’Arabie saoudite, et leurs dix alliés emmenés par la Russie, se retrouvent face aux craintes de récession. Les perspectives économiques s’assombrissent, et avec elles, celles de la demande du pétrole brut. Les deux références mondiales en brut ont nettement reculé depuis la dernière réunion, se situant autour de 80 dollars, loin des sommets enregistrés en mars, à 139,13 dollars pour le Brent de la mer du Nord et 130,50 dollars pour le West Texas Intermediate (WTI),.

Vendredi, les cours ont clôturé la semaine de cotation à la baisse malgré les perspectives de coupes dans la production de l’Opep+. Le prix du baril de Brentde la mer du Nord pour livraison en novembre, dont c’était le dernier jour de cotation et d’utilisation comme contrat de référence, a perdu 0,59%, pour clôturer à 87,96 dollars.Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également avec échéance en novembre, a lui cédé 2,14%, à 79,49 dollars.C’est la première fois depuis les premiers jours de la pandémie, il y a deux ans et demi, que l’or noir enregistre un repli sur un trimestre. Ces trois mois « minés par la morosité et la sinistrose annonçaient des baisses sévères », a commenté Edward Moya, d’Oanda, dans une note.Et la glissade n’est pas terminée, prévient Mark Waggoner, d’Excel Futures. « On est à la fin de l’été et les raffineries américaines commencent leurs opérations de maintenance », qui interviennent traditionnellement au début de l’automne, période de faible demande.

L’analyste table aussi sur une poursuite de la dégringolade de Wall Street, « ce qui va contribuer à faire descendre les prix » du brut, « avec le dollar fort ». Il table sur un WTIproche de 70 dollars d’ici deux à trois semaines, un niveau qu’il n’a plus connu depuis décembre 2021.Le marché s’attend à ce que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés de l’accord OPEP+ annoncent une baisse de production à l’issue de sa réunion de mercredi.Selon Bart Melek, de TD Securities, le consensus s’est fait autour d’une possible réduction de 500.000 à un million de barils par jour de la part du cartel à compter de novembre. »Une réduction significative paraît probable, la question étant de savoir si elle sera assez importante pour compenser la baisse de la demande causée par le retournement de cycle économique en cours », a prévenu Craig Erlam, d’Oanda.

La taille de cette éventuelle réduction comptera d’autant plus que l’alliance se situe, pour l’instant, très loin de ses objectifs officiels et a produit 3,58 millions de barils de moins quotidiennement que prévu.Beaucoup d’analystes voient le marché se redresser d’ici un mois, à mesure que l’hémisphère nord entrera dans la saison froide, avec la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie comme autre élément de soutien. »Les prix vont se tendre avec l’hiver et maintenant que la baisse de la demande a été intégrée, les cours devraient se stabiliser d’ici la fin de l’année », selon Edward Moya.

Chokri Hafed

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