Les États-Unis envoient un haut-représentant en Chine : Washington cherche à réchauffer ses relations avec Pékin

Le gouvernement américain va envoyer sa première délégation de haut niveau en Chine depuis la promesse, faite le mois dernier à Bali par le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Joe Biden, de réchauffer leurs relations.

Le Secrétaire d’État adjoint pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, Daniel Kritenbrink, accompagnera la directrice principale du Conseil de sécurité national pour la Chine et Taïwan, Laura Rosenberger, du 11 au 14 décembre, a annoncé le département d’État. Ils visiteront la Chine, la Corée du Sud et le Japon.En Chine, Daniel Kritenbrink aura pour mission de prendre le relais de Joe Biden après la rencontre de celui-ci avec Xi Jinping en marge du sommet du G20 à Bali mi-novembre. Les deux dirigeants s’étaient alors promis de «continuer à gérer de manière responsable la concurrence entre nos deux pays et d’explorer de potentiels espaces de coopération», a indiqué le département d’État. Joe Biden et Xi Jinping avaient notamment parlé de récents sujets de discorde comme le futur de Taïwan, les restrictions américaines sur les importations de produits technologiques chinois ou encore les manœuvres d’influence de la Chine à travers le monde. Daniel Kritenbrink préparera aussi la visite du chef de la diplomatie Antony Blinken prévue début 2023, la première d’un éminent diplomate américain en Chine depuis quatre ans.La visite de la délégation américaine en Chine intervient dans contexte de tension entre Pékin et Taipei. Une guerre froide fait rage entre les deux capitales. Le Premier ministre taïwanais a ainsi accusé hier la Chine de violer les règles du commerce international et de faire preuve de «discrimination» à l’encontre de l’île après l’annonce par Pékin de nouvelles interdictions d’importations. Selon le ministère taïwanais des Finances, les autorités douanières chinoises ont «subitement suspendu» vendredi les importations de certaines boissons alcoolisées en provenance de l’île.

Le ministère a précisé que cette mesure est liée à une réglementation imposée par Pékin le 1er janvier qui exige que tous les exportateurs de produits alimentaires et de boissons alcoolisées vers le continent soient enregistrés auprès des douanes chinoises. Le Premier ministre Su Tseng-chang a reproché à Pékin d’enfreindre les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en «décrétant ses propres règles» et en «s’ingérant dans le commerce par le biais de moyens administratifs». La Chine «est particulièrement dure envers Taïwan et pratique une discrimination particulière à son égard… Elle a demandé à Taïwan de faire ceci et de faire cela», a-t-il déclaré à la presse dimanche. Taipei entend faire appel à l’OMC et venir en aide aux sociétés impactées.Les autorités taïwanaises ont indiqué que quelque 2400 demandes d’enregistrement émanant d’entreprises du secteur de l’alimentation, de la transformation des aliments, de la pêche et de l’alcool n’ont pas abouti. Environ 600 demandes seront à nouveau soumises à nouveau, tandis que les autres devraient être abandonnées. Selon l’agence de presse taïwanaise Central News Agency, citant les douanes chinoises, 11 des 28 marques de bière enregistrées par les exportateurs taïwanais ont été suspendues à partir de vendredi.La Chine a notamment imposé l’interdiction de certains fruits et poissons de l’île en représailles à la visite en août de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi à Taïwan, qui a suscité l’ire de Pékin. Les 23 millions d’habitants de Taïwan vivent sous la menace constante d’une invasion de Pékin, qui considère justement l’île comme une de ses provinces à reconquérir un jour, et si nécessaire par la force. Pékin a intensifié les pressions militaires, diplomatiques et économiques sur Taipei depuis l’élection en 2016 à la présidence de Tsai Ing-wen.

Khider L.

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