Finance islamique : Mise en place du cadre juridique des Sukuk en 2023

Le ministre des Finances, Brahim Djamel Kassali a annoncé, hier à l’occasion d’une journée d’information sur le bilan et les perspectives de la finance islamiquetenue à Alger, que le cadre juridique et règlementaire régissant le marché des Sukuk (obligations islamiques) sera mis en place en 2023. Le premier argentier du pays a expliqué dans ce sens qu’il s’agit de « créer un climat idoine pour le développement de l’industrie financière islamique en Algérie ».Outre le lancement des produits de la finance islamique au niveau des banques, M. Kassali a rappelé la promulgation d’un décret exécutif relatif à l’assurance « Takaful ».Ce texte a permis la création de deux entreprises publiques exerçant « exclusivement » dans les opérations de l’assurance « Takaful », outre l’ouverture de cinq guichets au niveau des entreprises d’assurance traditionnelle dédiés à ce type d’assurance.

Le ministre a également noté  que la révision de la loi sur la monnaie et le crédit comportera « un chapitre dédié à la finance islamique ».

Les produits et services de la finance islamique sont désormais proposés en réponse aux demandes des citoyens aspirant à une diversification des sources de financement et d’épargne, ce qui se traduit positivement sur le développement de l’économie nationale, a-t-il fait remarquer.M. Kassali a également présenté un bilan de l’activité de la finance islamique au niveau des banques publiques depuis son lancement jusqu’à fin août 2022.Il a fait état de 294 guichets proposant des produits de la finance islamique, 66.217 comptes, une valeur des dépôts de 49 milliards de DA, et des financements d’une valeur de 5 Mds de DA. De son côté, le Gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Salah Eddine Taleb aaffirmé que la finance islamique « a une importance économique nationale », en ce sens qu’elle contribue à drainer la masse financière circulant hors circuit bancaire.Pour le Gouverneur de la BA, « l’évolution et l’innovation dans les outils financiers islamiques sont désormais une nécessité impérieuse, notamment avec l’augmentation de la demande sur ces produits, dans le contexte de l’orientation mondiale croissante vers l’investissement éthique ».Relevant qu’en dépit de la conjoncture sanitaire exceptionnelle, au cours de laquelle, les produits de la finance islamique ont été lancés en Algérie, il n’en demeure pas moins que la BA a accompagné l’opération avec souplesse, M. Taleb a indiqué que le nombre de dossiers de demande d’autorisation de lancement des produits islamiques au niveau de la BA, s’est élevé à 20 dossiers déposés par 11 banques activant sur le terrain, « un chiffre appelé à augmenter, au regard de la demande croissante sur ces produits ».

Quant au président du Haut Conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah, il a mis en avant, dans son intervention, l’évolution que connaît la finance islamique en Algérie, en dépit de son introduction récente, relevant « la nécessité de promouvoir davantage ce mode alternatif de financement en Algérie, notamment à travers le développement du cadre juridique des Sukuk ».Il a en outre précisé que cette mesure « permettrait de relancer la Bourse d’Algérie et de mettre en place des outils de financement en réponse aux besoins des banques et des compagnies d’assurance Takaful », saluant par ailleurs le travail de l’Autorité charaïque nationale pour l’industrie de la finance islamique qui délivre des certificats de conformité des produits bancaires dans le cadre de la finance islamique.De son côté, le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF), Lazhar Latrache, a affirmé que le lancement des produits de la finance islamique en Algérie visait à favoriser l’inclusion financière, renforcer la relation entre le citoyen et les banques, et absorber les fonds du marché parallèle.M. Latrache a, en outre, indiqué que l’association ne cesse de plaider pour la mise en place des guichets d’agences de la finance islamique à travers le territoire national, voire même dans les zones enclavées, soulignant à ce propos la nécessité de former une ressource humaine qualifiée au niveau des banques chargées de la commercialisation de ces nouveaux services et produits.

R.E.

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