Huit mois après avoir frôlé le pire : La renaissance spectaculaire de Bentaleb
L’histoire du football regorge de retours improbables, mais celui de Nabil Bentaleb restera gravé dans les mémoires comme l’un des plus émouvants. Le milieu international algérien de Lille OSC a écrit dimanche un nouveau chapitre de sa carrière, signant un retour aux allures de conte de fées huit mois après avoir frôlé le pire. Entré en jeu à la 76e minute du match comptant pour la 22e journée de Ligue 1 française, Bentaleb est devenu le premier joueur à évoluer dans le championnat français avec un défibrillateur sous-cutané. Mais le destin lui réservait un scénario encore plus improbable : quatre minutes seulement après son entrée, il inscrivait d’un plat du pied précis le but de la victoire pour son équipe. Le moment était si surréaliste que même son entraîneur, Bruno Genesio, a mis quelques secondes à réaliser ce qui se passait. « Pour vous dire la vérité, sur le coup, je n’ai pas vu qui avait marqué. C’est quand je l’ai vu courir que j’ai pris conscience que c’était lui, que mon staff s’est levé », a confié le technicien lillois, encore sous le coup de l’émotion. « On a été un peu sur un nuage pendant quelques temps. Ce sont des choses difficiles à décrire. C’est des émotions fortes pour tout le monde », a-t-il ajouté. Pour comprendre l’ampleur de l’exploit, il faut remonter au 18 juin 2024. Ce jour-là, lors d’une simple partie de football à cinq avec son frère et des amis, Bentaleb s’effondre subitement. Plongé dans un coma artificiel, il ne se réveille que deux jours plus tard, sans aucun souvenir de son malaise. Un moment qui aurait pu marquer la fin de sa carrière, mais qui s’est transformé en début d’une nouvelle aventure. Ses coéquipiers, premiers témoins de son courage quotidien pour revenir au plus haut niveau, n’ont pas manqué de saluer cet instant magique. « Nabil qui marque, c’est beau que ce soit lui qui nous amène vers la victoire », s’est réjoui le gardien Lucas Chevalier. Son compatriote en sélection nationale, Ismaël Bennacer, a résumé le sentiment général en déclarant simplement : « Les vrais champions se relèvent toujours. »
Le principal intéressé, submergé par l’émotion, a livré un témoignage poignant après la rencontre. « C’est un moment particulier pour moi. Je passe du tout au rien. Je ne savais pas si j’allais rentrer, mais sur le corner, je savais que j’allais marquer. Je me suis dit qu’il fallait que j’aide l’équipe. C’est mon premier but avec Lille. Il fallait que ça se passe comme ça. C’est incroyable. Ce sont des images qui resteront gravées à vie », a confié Bentaleb, avant d’ajouter : « Il y a des choses qui ne s’oublient pas et ça fait partie des choses pour lesquelles on fait ce métier. Entrer sur le terrain et aider les copains, ça fait six mois que je visualise. J’étais devenu comme un scout en tribunes, à tout analyser. J’ai bossé dur pour revenir ces derniers mois. Le plus important, c’est ma santé. » Dans ce moment de grâce, Bentaleb n’a pas oublié ceux qui l’ont soutenu pendant sa convalescence : « j’ai pensé à ma famille, à mon grand-frère, mes agents qui sont comme des frères, ma femme, mes enfants, mes parents, mes sœurs. C’est tout ce cercle qui m’a permis de tenir et de pouvoir rêver de revenir sur un terrain. » Cette renaissance spectaculaire intervient moins de deux ans après son arrivée à Lille, où il avait signé en août 2023 pour trois saisons en provenance d’Angers SCO. International algérien aux 53 sélections et 5 buts, sa dernière apparition avec les Fennecs remontait justement à juin 2024, lors des matchs de qualification pour la Coupe du monde 2026 contre la Guinée et l’Ouganda. Un retour en club qui pourrait bien lui ouvrir à nouveau les portes de la sélection, tant son histoire incarne les valeurs de persévérance et de résilience chères au football algérien.
M.D.