Prix du pétrole : Goldman Sachs révise à la baisse ses prévisions
Goldman Sachs a récemment revu à la baisse ses prévisions concernant les prix du pétrole brut, en raison des inquiétudes liées à un ralentissement de la croissance économique américaine et à une augmentation potentielle de l’offre de l’OPEP+. Dans une note publiée par ses analystes en matières premières, la banque d’investissement a annoncé une réduction de 5 dollars de son estimation pour le Brent en décembre 2025, fixant son objectif à 71 dollars le baril. Cette révision intervient après une chute de 10 dollars du prix du baril depuis la mi-janvier, une baisse plus importante que les évolutions fondamentales du marché ne le justifieraient. Goldman Sachs souligne également que les risques à moyen terme restent orientés à la baisse, notamment en raison des tensions commerciales et d’une éventuelle prolongation des hausses de production de l’OPEP+. Cependant, la mise en œuvre effective de l’augmentation de l’offre de l’OPEP+ reste incertaine. En effet, bien que l’alliance ait annoncé l’ajout de 138 000 barils par jour dès le mois prochain, cette décision pourrait être révisée rapidement si les prix venaient à chuter davantage. Alexander Novak, vice-Premier ministre russe et haut responsable de l’OPEP+, a d’ailleurs déclaré que cette hausse de production pourrait être annulée dès le mois de mai si les prix du pétrole continuaient de baisser. L’impact de la politique économique américaine constitue un autre facteur clé influençant les prévisions de Goldman Sachs. La guerre commerciale menée par le président Donald Trump, avec l’imposition de nouvelles taxes douanières, risque de peser sur la croissance du PIB américain. Plusieurs experts estiment que ces tarifs douaniers alourdissent les coûts des biens et des matières premières pour les consommateurs finaux, ce qui pourrait freiner la demande en pétrole, l’une des matières premières les plus échangées au monde. Par ailleurs, le marché pétrolier devrait rester excédentaire en 2025 selon les analystes de Goldman Sachs, une opinion partagée par de grandes sociétés de négoce comme Gunvor et Vitol, ainsi que par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). Cette surabondance de l’offre, combinée à des inquiétudes macroéconomiques, accentue la pression baissière sur les prix du brut. Le Brent est passé de plus de 80 dollars le baril à la mi-janvier à environ 70 dollars actuellement, et ce malgré des niveaux de stocks mondiaux relativement bas. Goldman Sachs ajuste également ses prévisions pour le pétrole américain, anticipant un prix du West Texas Intermediate (WTI) à 67 dollars le baril d’ici la fin de l’année. La banque a également revu à la baisse sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2025, la réduisant de 1,1 million à 900 000 barils par jour.
Samira Ghrib