RD Congo: Le sommet EAC-SADC nomme cinq facilitateurs pour accélérer le processus de paix
Le sommet conjoint des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a décidé d’accélérer le processus de paix en nommant un groupe élargi de cinq facilitateurs pour régler la crise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Un sommet conjoint entre la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) vient de se tenir pour tenter de désamorcer la grave crise qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Face à la recrudescence des violences menées par le Mouvement du 23 mars (M23), les dirigeants régionaux ont décidé de renforcer l’action diplomatique afin de mettre fin au conflit. Les chefs d’État ont nommé un groupe de cinq personnalités prestigieuses pour faciliter le processus de paix : Uhuru Kenyatta du Kenya, Olusegun Obasanjo du Nigeria, Kgalema Motlanthe d’Afrique du Sud, Sahle-Work Zewde d’Éthiopie et Catherine Samba-Panza de République centrafricaine. Cette équipe aura pour mission de négocier et d’accélérer un règlement du conflit qui déchire l’est congolais. La situation sur le terrain reste extrêmement préoccupante. Depuis le début de l’année 2025, les rebelles du M23, majoritairement tutsis, ont repris leurs offensives avec une intensité redoutable. Ils ont pris le contrôle de larges pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, s’emparant même des capitales provinciales Goma et Bukavu. Les conséquences humanitaires sont désastreuses. Dans la province de l’Ituri, six organisations humanitaires ont été contraintes de suspendre totalement leurs opérations depuis le 18 mars, privant plus de 300 000 personnes d’assistance. Un centre de santé à Djugu a été pillé, l’hôpital régional de Fataki fermé, limitant drastiquement l’accès aux soins médicaux. Des dizaines d’habitations ont été incendiées. Les déplacements de populations atteignent une ampleur catastrophique. Dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, les infrastructures d’approvisionnement en eau ont été détruites, poussant des dizaines de milliers de civils à fuir vers la province du Maniema. Dans le Sud-Kivu, les territoires de Walungu et Kalehe continuent d’être le théâtre d’affrontements provoquant des mouvements massifs de populations. La diplomatie tente de trouver des solutions. Un accord pour un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel a été conclu le 18 mars lors de pourparlers à Doha, réunissant les présidents congolais Felix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, sous la médiation de l’émir du Qatar. Parallèlement, un rapport détaillé des ministres de l’EAC-SADC a été adopté, décrivant les étapes concrètes vers un arrêt des hostilités. La SADC a aussi décidé de mettre fin à sa mission de maintien de la paix (SAMIDRC) et de retirer progressivement son contingent. Un
La communauté internationale reste mobilisée. La nomination de ces cinq facilitateurs représente un espoir de résolution diplomatique dans une région qui a trop longtemps souffert de violences récurrentes. L’objectif est désormais de ramener la paix et la stabilité dans cette région stratégique de l’Afrique centrale, en permettant le dialogue entre les différents protagonistes.
R.I.