Flambée des prix de la pomme : L’APOCE réclame des mesures drastiques
Face à la hausse spectaculaire des prix de la pomme sur les marchés, Mustapha Zebdi, président de l’Organisation de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), a lancé un appel pressant aux autorités pour qu’elles prennent des mesures « disciplinaires strictes » afin de réguler le marché des fruits.
Dans un message publié sur sa page Facebook officielle ce mardi, Zebdi dénonce une situation qui a vu les prix doubler entre octobre et mars derniers, malgré les interventions antérieures visant à contenir la spéculation. « Lorsque beaucoup se sont réjouis à la mi-octobre des opérations de vente directe de pommes à des prix très raisonnables, environ 300 dinars le kilo, nous avions alors souligné que l’intervention des organismes de régulation pour lutter contre la cherté excessive d’un fruit connaissant sa plus grande saison de production était une bonne chose. Nous avions cependant exprimé notre inquiétude quant aux limites de cette mesure conjoncturelle, qui nous ramène maintenant non seulement à la case départ, mais même en dessous, avec des prix actuels atteignant un plafond sans précédent », explique Mustapha Zebdi.
Le président de l’APOCE rappelle que le développement de la filière de la pomme en Algérie doit beaucoup aux politiques publiques mises en œuvre ces dernières années. « Cette filière n’aurait pu se développer et prospérer sans les mesures incitatives prises par les autorités publiques visant l’autonomie alimentaire et la relance économique », rappelle-t-il. Toutefois, il déplore que certains opérateurs économiques n’aient pas su exploiter correctement ces opportunités, créant un désordre sur le marché par des pratiques spéculatives. Selon lui, les interventions ponctuelles des autorités, comme celle d’octobre dernier qui avait temporairement ramené les prix à des niveaux raisonnables, n’ont pas réussi à instaurer une stabilité durable. D’après Mustapha Zebdi, la solution ne réside pas uniquement dans les contrôles administratifs ou dans l’attente d’une réaction des consommateurs, mais nécessite que producteurs, commerçants et exploitants d’entrepôts frigorifiques assument leurs responsabilités.
Des propositions concrètes pour discipliner le marché
Pour remédier à cette situation, Zebdi propose de durcir le ton : « Si la main de l’État peut être tendre et affectueuse, elle peut aussi être répressive et dissuasive. Nous pensons que l’adoption de nouveaux moyens de régulation du marché, en incitant les producteurs, les stockeurs et les commerçants à baisser les prix et à veiller à leur stabilité, constitue le meilleur outil permanent. » Parmi ces moyens, Mustapha Zebdi suggère notamment « d’inonder le marché avec des fruits importés tout en supprimant temporairement les droits de douane », ce qui forcerait les détenteurs de stocks et les commerçants à réduire leurs prix par crainte de voir leurs marchandises invendues. « À ce moment-là, ils s’empresseront de baisser les prix et de veiller attentivement à leur stabilité, de peur que leurs marchandises ne se périment », ajoute-t-il. « La régulation du marché doit passer des organismes de contrôle et du citoyen à l’opérateur économique lui-même, sans porter atteinte aux intérêts de l’agriculteur, et ce, à travers des opérations disciplinaires qui lui font sentir qu’il est privilégié et que la pérennité de cette situation dépend de la satisfaction du consommateur », souligne Mustapha Zebdi. Il précise que « la période de récolte est passée et l’agriculteur a déjà vendu sa marchandise », et que ce sont désormais « les propriétaires de chambres froides et les commerçants qui sèment le désordre » qui devraient être visés par ces mesures.
Samir Benisid