Paris ouvre lance une nouvelle phase du chantage aux visas : Inacceptable !
L’attitude de l’Ambassade de France à Alger atteint un niveau d’insolence inédit dans les relations diplomatiques.
Le chargé d’affaires de la représentation française a été convoqué mercredi au siège du ministère des Affaires étrangères par le Directeur général du Protocole, suite au communiqué rendu public par l’ambassade française concernant l’accréditation d’agents diplomatiques et consulaires français en Algérie. Cette convocation qui répond à un dérapage diplomatique inédit orchestré par Paris dans sa stratégie d’escalade contre l’Algérie. Le caractère insidieux de la manœuvre française transparaît dans sa double violation des usages diplomatiques les plus élémentaires. Comme l’a fermement souligné le ministère des Affaires étrangères, dans un communiqué publié hier, « l’attention du diplomate français a été fermement attirée sur le grave manquement aux usages diplomatiques, les plus solidement établis, qui caractérise ledit communiqué (de l’ambassade, NDLR) ». Cette démarche révèle une stratégie calculée visant à contourner les canaux diplomatiques officiels pour s’adresser directement à l’opinion publique algérienne, dans une tentative de subversion particulièrement condamnable. L’inacceptabilité de cette approche réside dans sa nature profondément manipulatrice. Le ministère des Affaires étrangères a explicitement dénoncé le fait que « par sa forme autant que par son fond, ce communiqué était inacceptable en ce qu’il contenait une présentation tendancieuse des faits et qu’il s’adressait directement à l’opinion publique algérienne pour incriminer devant elle une prétendue responsabilité exclusive et entière du ministère des Affaires étrangères dans la non-accréditation d’agents diplomatiques et consulaires français en Algérie ». Cette tentative de manipulation de l’opinion publique algérienne constitue une grave entorse aux règles qui régissent les relations entre États souverains. Rappelons dans ce contexte que l’ambassade de France à Alger a annoncé mardi dans un communiqué une réduction du nombre de visas délivrés aux Algériens à partir du 1er septembre en raison, explique-t-elle, de la non accréditation de nouveaux agents consulaires à Alger.
La dimension protocolaire de cette provocation est tout aussi grave. « Du point de vue de la forme, cette manière d’agir de l’Ambassade n’est pas tolérable, en ce qu’elle viole l’esprit et la lettre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 », a rappelé le MAE. En s’affranchissant des règles diplomatiques internationales, la France démontre son mépris des instruments juridiques qui encadrent les relations interétatiques et révèle sa volonté de créer un précédent dangereux dans la conduite des affaires diplomatiques.
La mauvaise foi française apparaît encore plus clairement lorsqu’on examine la chronologie réelle des événements. « Du point de vue du fond, il a été rappelé au diplomate français qu’il était personnellement le mieux informé des tenants et aboutissants de cette situation », a souligné le communiqué officiel. La réalité des faits démontre que « la non-accréditation d’agents diplomatiques et consulaires français en Algérie est intervenue bien après une décision française similaire et après épuisement, à l’initiative de la partie algérienne, de toutes les possibilités de règlement de ce différend à la satisfaction des deux pays. Il s’agissait là, ni plus ni moins, que de l’application stricte du principe de réciprocité ».
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et révèlent l’ampleur de l’obstruction française. « C’est le gouvernement français qui a été à l’origine, depuis plus de deux ans, du refus d’accréditation de Chefs de Poste et d’agents consulaires algériens en France. En conséquence de cette situation, trois Consuls Généraux et six Consuls algériens n’ont pas reçu leurs accréditations sollicitées depuis plus de six mois. De même, quarante-six agents diplomatiques et consulaires algériens n’ont pu rejoindre leur lieu d’affectation en France du fait du silence observé par la partie française quant à leurs demandes d’accréditation ». Cette situation créée « de manière délibérée et calculée, par les autorités françaises, lèse gravement les ressortissants algériens établis en France dans la double mesure où elle impacte les prestations consulaires à leur bénéfice et affecte la qualité de la protection consulaire qui leur est due ».
Chantage et intimidation
L’instrumentalisation de la question des visas par Paris s’inscrit dans une stratégie plus large de chantage diplomatique. Le ministère des Affaires étrangères a « fortement souligné à l’attention du diplomate français qu’il est lui-même conscient de ce que la problématique des visas n’est pas limitativement liée à la question des accréditations et qu’il est de notoriété publique que son gouvernement a érigé cette problématique en levier central du bras de fer qu’il veut imposer à l’Algérie ». Cette approche révèle une conception néocoloniale des relations bilatérales où la France s’arroge le droit d’exercer des pressions unilatérales. La persistance de cette attitude coercitive témoigne d’une escalade préméditée. « Le chantage aux visas continue de la part du gouvernement français. La première phase de ce chantage s’est achevée avec la dénonciation par l’Algérie de l’Accord algéro-français de 2013 sur l’exemption réciproque de visas aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Aujourd’hui, les autorités françaises ouvrent une seconde phase qui concerne les passeports ordinaires qu’elles entendent gérer par le chantage, le marchandage et l’intimidation », conclut le communiqué du ministère.
Cette nouvelle provocation française illustre parfaitement la dérive d’une diplomatie qui préfère l’intimidation au dialogue, la manipulation à la transparence, et l’escalade à la recherche de solutions constructives. En s’adressant directement à l’opinion publique algérienne tout en déformant la réalité des faits, l’ambassade française franchit une ligne rouge inacceptable dans les relations diplomatiques normales entre États souverains.
Salim Amokrane